‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 226 sur 248 · A la colonne · texte numérisé non relu

A la colonne

devaienl faire bondir les classiques : de là vient la réputation de dureté ([u'ils firent à Hugo, de même que plus tard l'harmonie nouvelle de Wagner passa pour un écorchemenl «les oreilles.

Ainsi donc, la grande différence qu'il y a entre la versification de Hugo et celle de Chénier, c'esl que celui-ci se préoccupait surtout des coupes, connue si elles étaient l'essentiel du vers, tandis que Hugo se rendait parfaitement compte que le. vers esl tout entier dans le rythme et dans la rime qui le renforce, et qu'en tout cas les coupes doivent être déterminées par le rythme et non par les nécessités du sens' logique. On s'explique dès lors qu'avec un système aussi opposé, il n'ait pas prêté grande attention aux innovations de Chénier et même qu'il les ait condamnées. Peut-être pourrait-on alléguer qu'il s'est inspiré de lui dans les vers brisés de Cromwell; mais l'influence de Népomucène Lemercier y est encore plus évidente l, — sans parler des exemples qu'il pouvait trouver dans les poètes classiques du xvne siècle, Molière ou Corneille, qu'il semble avoir beaucoup pratiqués alors. Ajoutons enfin que Chénier ne parait pas l'avoir beaucoup préoccupé. Il ne le cite dans aucune de ses préfaces, — pas même dans celle de Cromwell.

11 n'en est pas de même de Vigny et de Musset, dont le tempérament poétique avait plus de ressemblance avec celui d'André Chénier, — « Vigny soigneux et fin », comme dit Sainte-Beuve, et Musset si habile au pastiche. Il importe pourtant de rappeler que Vigny, dans les éditions nouvelles de ses Poèmes antiques, leur a assigné une date antérieure à l'édition de Latouche, ou strictement contemporaine. — comme pour prévenir tout soupçon d'imitation. Mais Sainte-Beuve a

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