Souvenirs et indiscrétions, p. 139 et suiv
'6. Article sur Apollonius de Rhodes, Portraits contemporains, V, p. 359; — sur Euphorion, ibid.. p. 4 S'i : — sur Théocrite, Portraits littéraires, III, p. 3; — sur les prétentions de Sainte- Beuve comme philologue, voir aussi la préface de l'édition de VOdyssée, par A. Pierron (ad finem).
cercle d'amis choisis, la servante accorte et empressée. Tout un épicuréisme bourgeois sentant le lettré de l'ancien temps et le vieux garçon. De là ses sympathies et même son admiration pour Horace et pour Béranger '.
Faut-il donc s'étonner que, — romantique à son heure, — il ait si mal compris le romantisme et que lui, critique, il n'ait pas su diriger ni conseiller ses amis 2? En réalité, il n'était pas d'avec eux et la rupture était inévitable. Ce qu'il voyait dans le romantisme, c'en était presque uniquement la sentimentalité élégiaque 3, ce qui n'était qu'un caractère très superficiel. Qu'on ajoute à cela ces curiosités de dilettante, dont nous parlions tout à l'heure, et cette note macabre qu'on retrouvera plus tard chez Baudelaire i. Mais encore une fois, c'est la nuance élégiaque qui domine. Il n'est pas bien sûr que, dans son for intérieur, il n'ait préféré MmesTastu et Desbordes-Valmore à Musset et à Lamartine lui-même. Comment, avec des goûts comme ceux-là, aider, par exemple, Hugo à débrouiller ce qu'il y avait de confus, mais aussi de puissant et de fécond dans la préface de Cromicellï Et, de son côté, il n'a pas lancé une seule idée vraiment forte et neuve, vraiment riche d'avenir. Plus tard encore, quand le classique qu'il était aura définitivement triomphé en lui, il s'établira dans le contresens perpétuel de son temps, il fera cause commune avec les Nisard et les Saint-Marc-Girardin, il prêchera
1. 11 appelle Béranger « aotre grand Béranger » {Pensées de Joseph Delorme, p. 186). Voir, entre autres, l'article élogieux qu'il lui consacre, Nouveaux lundis, t. I, p. 119.
2. C'est une remarque qui a déjà été faite par A. Michiels dans son curieux livre : Histoire des idées littéraires au XIXe siècle et de leurs origines dans les siècles antérieurs.