Cf. Pensées de Joseph Delorme, p
4. Noter d'ailleurs que Sainte-Beuve s'est montré en somme indulgent pour les Fleurs du mal.
contre Hugo et B;il/.;i<\ A la génialité tumultueuse et exubérante de ces deux grands modernes, il opposera le goût, la douceur, l'harmonie virgiliennes ', comme si vraiment il s'agissait de cela!
Justement pour ces raisons, parce que, sans le savoir lui-même et dès ses débuts, il était déjà à rebours du romantisme, ni son Tableau de la poésie française un XLX* siècle, ni ses ['aisées de Joseph Delorme, n'eurent une action sérieuse et durable sur les contemporains, du moins celle que Sainte-Beuve aurait, voulu. Il commence par poser qu'André Chénier est le véritable initiateur de l'école moderne, ou tout au moins qu'il y a entre l'un et l'autre « une certaine communauté de principes et de vues sur l'art - ». Ce qui est tout au moins contestable. D'ailleurs il ne dit rien du fond, ou si peu que rien et ne semble se préoccuper que des questions de forme. Il est vrai qu'il écrit, dans les Pensées, que la poésie d'André Chénier « est en quelque sorte le paysage dont Lamartine a fait le ciel 3 ». On ne sait trop ce que cela veut dire. Il est certain que le vrai Lamartine, le grand poète primitif, dégagé de toute réminiscence classique, est tout l'opposé de Chénier. Celui qui, brisant toute forme précise, nous introduit dans le monde immense et vague de la musique, n'a rien à voir avec le sculpteur amoureux de la ligne et guidé par les canons étroits de l'art païen, ou même avec l'arrangeur de syllabes mélodieuses.
Mais, pour nous en tenir strictement aux questions de forme comme Sainte-Beuve, — quelles sont donc les nouveautés de prosodie et de style dont il fait honneur à André Chénier? — D'abord un type d'alexan-