‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 233 sur 248 · Pensées de Joseph Delorme, p · texte numérisé non relu

Pensées de Joseph Delorme, p

drin qu'il définit ainsi : « Les vers de cette espèce sont pleins i'l immenses, drus et spacieux, tout d'une venue et tout d'un bloc, jetés d'un seul el large coup de pinceau,... et quoiqu'ils semblent tenir de bien près au talent individuel de l'artiste, on ne saurait nier qu'ils ne se rattachent aussi à la manière el à la tact nie. On en trouve très rarement de pareils dans la vieille école, même chez Racine, et les nouveaux poètes en offrent des exemples en foule '. » Il cite en exemple des vers comme ceux-ci :

L'or reluisait partout aux axes de les chars (Chénier). Car en de longs détours de chansons vagabondes... (Id.)

Sans vouloir entrer dans une discussion stérile, on peut induire des restrictions mêmes de Sainte-Beuve, que cette sorte de vers n'a rien de propre à Chénier et que s'il est vrai qu'on en rencontre plus souvent chez lui et les modernes que chez les classiques, cela tient sans doute à la différence des genres plus qu'à la différence des écoles. Ce vers « plein » qui est de mise dans l'épopée ou dans la poésie lyrique eût été déplacé dans la tragédie. Je veux bien que les exemples de Chénier surtout signalés avec cette insistance par Sainte-Beuve aient été écoutés des romantiques. Mais pour trouver des vers semblables, il leur suffisait d'être de vrais poètes : la largeur du souffle appelait tout naturellement l'envergure et l'essor du vers.

Pour ce qui est des innovations prosodiques proprement dites, nous nous en sommes déjà expliqués plus haut. Sainte-Beuve nous dit : « Avec la rime riche, la césure mobile et le libre enjambement elle [la jeune école] a pourvu à tout et s'est créé un instrument à la fois puissant et souple2 ». — Encore une fois, c'était

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