‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 236 sur 248 · Préface de la 1" édition du Tableau · texte numérisé non relu

Préface de la 1" édition du Tableau

vant la mode du temps, s'empressa de lui emprunter des épigraphes. On vit en tète des Ballades les noms de Ronsard, de Baïf, de Remi-Belleau. Mais c'eût été peu de chose, si l'exemple du chef de la Pléiade n'avait révélé au Cénacle et spécialement à Hugo, que la première tâche et la plus pressante à exécuter, c'était la réforme de la langue poétique et de la versification. Déjà en 1820, Hugo écrivait dans une préface des Odes : « Plus on dédaigne la rhétorique, plus il sied de respecter la grammaire. On ne doit détrôner Aristote que pour l'aire régner Vaugelas. » — Huit ans plus tard, la Révolution était accomplie et il se plaisait à se représenter à ses débuts comme « un pauvre jeune écrivain consciencieux, honnête et courageux, philologue comme Dante, en même temps que poète, nourri des meilleures études classiques, lequel avait peut-être passé sa jeunesse à ne remporter dans les collèges que des prix de grammaire * ». Expliquant le sens de la réforme, il ajoutait : « La langue a été retrempée à ses origines, voilà tout. Seulement, — et encore avec une réserve extrême, — on a remis en circulation un certain nombre de mots nécessaires ou utiles. Nous ne sachons pas qu'on ait fait des mots nouveaux. Or ce sont les mots nouveaux, es mots inventés, les mots faits artificiellement qui détruisent le tissu d'une langue. On s'en est gardé. Quelques mots frustes ont été refrappés au coin de leurs étymologies. D'autres tombés en banalité et détournés de leur vraie signification ont été ramassés sur le pavé et soigneusement replacés dans leur sens propre. »

Passant enfin à la versification, il disait : « Elle a été remaniée dans le vers par le mètre, dans la strophe par le rythme : De là une harmonie toute neuve, plus riche

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