Littérature et philosophie mêlées (Préface
que V ancienne ^ plus compliquée, plus profonde et qui gagne tous les jours de nouvelles octaves ». Le passage n'esl peut-être pas toujours très clair. .Mais quoi qu'il en soit, il esl évidenl que%Hugo, chef d'école, a très nettement compris l'importance des questions de métier en littérature, comme dans Ions les autres arts. Bien plus, il a vu que ces questions devaient primer toutes les antres, si Ton voulait l'aire œuvre durable : « Dans tout grand écrivain, il doit y avoir un grand grammairien, comme un grand algébriste dans tout grand as! ronome ' ».
11 faudrait étudier en détail l'œuvre de Hugo à partir des Ballades, pour se rendre compte de tout ce que sa langue a dû aux poètes et aux prosateurs du xvir siècle, mais particulièrement Notre-Dame de Paris, où les imitations de Régnier et de Rabelais abondent : Rabelais surtout semble avoir fourni, bien que Hugo ne le cite même pas dans le passage qui nous occupe, et qu'à la poésie de Régnier il n'oppose que la prose de P. Mathieu, dont il fait un étourdissant éloge2. Rabelais, c'était le grand réservoir de la langue, où tout se mêlait, bon et mauvais, mots pédants et mots populaires, où il n'y avait qu'à choisir et à prendre. Théophile Gautier l'a beaucoup pratiqué 3, Ralzac l'a pastiché dans ses Contes drolatiques. Plus tard encore, dans William Shakespeare, Hugo mieux avisé qu'ici le mettait au nombre des quatorze grands génies de l'humanité. Musset est tout plein de Régnier 4. à qui justement Sainte- Reuve avait consacré un article spécial, qui fut