‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 27 sur 248 · A. Maury, <-/<. cit., p · texte numérisé non relu

A. Maury, <-/<. cit., p

synthèse la plus curieuse que le xviii0 siècle ;iit tentée sur cette question. Il faut tenir compte aussi des sujets mis au concours par l'Académie sur divers points de la mythologie grecque et latine '.

Enfin, pour ne point parler des travaux sur la physique, la philosophie, l'asi l'onoin ie ou la cosmographie des anciens. — d'Anville entreprit d'importants travaux sur la géographie antique, qui louche de si près à l'histoire : la Notice de V ancienne Gaule (1761) e1 son Graeciae antiquae spécimen geographicum (1782) sont des œuvres maîtresses qu'aucun géographe n'a dépassées

au xviiie siècle.

Plus encore que les sciences historiques, l'archéologie se développe par un progrès continu. D'abord la numismatique, qui avait toujours été eu honneur chez nous : sans remonter jusqu'au père de l'archéologie française, celui que Montfaucon appelait « l'incomparable M. de Peiresc 2 », on trouverait déjà de nombreux amateurs au xvii° siècle : « Dans ce temps-là. dit Huet. non seulement les érudits mais les grands seigneurs étaient dévorés de la passion des médailles dont ils faisaient des collections: et l'illustre M. Col bert, dans le but d'enrichir le cabinet du roi cl aussi de garnir son propre médaillier, envoyait de I ouïes parts des sens à la recherche de ces précieuses

i. En 1707, 08 et 09: en 1771, Des attributs de Jùnon chez les différents peuple* de la Grèce et de I Italie-, en \~i'i. Iles noms et des attributs de Jupiter, de ceux d'Apollon et de Diane en Grèce et en Italie, etc.

i». Voici le passage de Môntf&ucon sur Peiresc : - ... l'incomparable M. de Peiresc. qui a plus ramassé de monuments sur presque toute l'antiquité, soit en dessins, soit en nature, que nul autre que nous connaissions, qui ajoutait ordinairement a ces monuments des explications courtes, que nous voyons encore aujourd'hui dans sis manuscrits, cl qui fournissait des matériaux à la plupart des savants de l'Europe...». (Préface de V Antiquité expliquée.)

reliques, qu'ils achetaient quelquefois un prix fou '. » A côté des collections royales, il y avait d'importants cabinets d'amateurs, comme, ceux du cardinal de Polignac, ambassadeur à Rome, du ministre Pontchartrain, du duc de Sully. Ou peu! dire que c'est l'Académie surtout qui n contribué à mettre ces richesses en valeur: fidèle, en cela, à l'esprit de son règlement elle s'est constamment occupée de numismatique. Mais le plus illustrée! le plus savant de nos numismates au XVIIIe siècle, celui l'abbé Barthélémy, nommé directeur du cabinet des médailles en 1753 2, après la mort de de Bozes. Jamais directeur ne l'ut plus entièrement dévoué à ses fonctions : pendant son voyage en Italie, où tant d'objets sollicitaient sa curiosité de savant et de lettré , sa grande préoccupation est d'augmenter la collection royale '. Ii décline même l'offre si séduisante pour lui d'accompagner Choiseul en Grèce, afin de ne pas laisser si longtemps fermé le cabinet des médailles '*. Mais il ne s'en tient pas là. Il se préoccupe de rendre le cabinet plus accessible, donne tous les éclaircissements qu'on lui demande soit de la province, soit de l'étranger; — et lui-même nous avertit que ces réponses exigeaient parfois de longues discussions. En (in vers le même temps où

[.Mémoires de Kuet, trad. Charles Nisard (cit. par P. Clément . Colbert, 11, p. 266).

■2. Il avait été attaché au Cabinel par de Bozes en 1745. (Ci. Mémoires sur lu vie et quelques-uns des ouvrages de J.-.l. Barthélémy écrits pur lui-même).

:\. Cf. op. cit. (Second mémoire.)

i. Lors île son passage a Marseille, il avail acheté la collection Cary, qui combla bien des lacune- dans toute» les suites du cabinet. Il lit des échanges en Italie, choisit dans la collection «le Clèves, puis dans celle 'le, d'Ennery; il lit enfin l'acquisition de la collection de Pellerin, premier commis de la marine, « qui avait formé le plus riche cabinet qu'cùl jamais possédé un amateur ... (Cf. Barthélémy, Mémoires.)

iii FIN DO CLASSICISME ET RETOUR A L'ANTIQUE,

l'Académie des Inscriptions entreprenait le catalogue des manuscrits de la Bibliothèque du Roi, il proposai! au baron de Breteuil la gravure el la publication du cabine! tout entier '. Ici encore la Révolution fut l'obstacle; mais Barthélémy avai! été jusqu'au boul de sa tâche el il aurait entrepris une œuvre aussi considérable et probablement plus féconde que son Jeune Anachai sis. Kn tout r;is. Ions ces travaux commencés ou projetés à peu près vers la même «lato par nos cru dits sont extrêmement significatifs : le mouvemenl antiquisant est alors dans toute sa ferveur et il y a là certainement autre chose qu'une simple coïncidence 2. Si l'épigraphie n'a donné presque aucun résultat :1, en revanche l'étude des monuments figurés a largement compensé cette faiblesse. Ici, comme partout, l'universel MontfaucoU a été l'ouvrier de la première heure et, à côté de ses travaux sur l'histoire nationale, la paléographie et l'archéologie ancienne, il a laissé des mémoires sur les antiquités de Paris. De leur côté, les provinciaux apportent leur contribution : Séguier et Ménard à Nîmes, Calvet à Avignon, Bimard delà Bastie à Carpentras s'occupent des antiquités galloromaines si abondantes dans leur région. Auparavant l'abbé Lebceuf avait entrepris de véritables voyages d'exploration à travers la France et s'était particulière-

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