‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 28 sur 248 · Barthélémy, op. cit · texte numérisé non relu

Barthélémy, op. cit

2. Quels qu'aient été le zèle et la science de l'abbé Barthélémy, il serait injuste de ne point nommer à côté de lui tous ces amateurs dont les collections avaient enrichi le cabinet, les Cary, les de Clèves, les d'Knnery. mais entre tous, ce Pellerin. dont Barthélémy acheta la collection et qui, dans son grand ouvrage en 9 volumes in-4 sur les médailles, eut le mérite de préparer les voies au Doctrina nummorum veterum de Eckhel, le fondateur de la numismatique moderne. (Cf. Bursian. op. cit., p. 497.)

3. 11 n'y a guère à citer que l'explication de la mosaïque de Palestine par l'abbé Barthélémy. (Cf. Mém. de l'Acad. des Inscr., XXX. p. 503.)

LES TRAVAUX DE L ERUDITION'. bS

menl attaché à Là description des monuments du Midi. M;iis pour être complet sur cette question, il faudrait énumérer toutes nos provinces et indiquer tous les académiciens on tous les parlementaires qui se sont occupés — quelques-uns avec une véritable passion — des antiquités de leur pays.

C'est surtout en ce qui concerne l'art et les monuments de l'Italie ancienne, que le progrès a été considérable. Une des raisons de la médiocrité de la critique des textes à l'Académie des Inscriptions, pendant toute la première période de son existence, c'a été l'ignorance des monuments figurés ' : Barthélémy, pendant son voyage en Italie, est un des premiers qui s'en soient rendu compte. .Mais depuis quelque temps déjà Gaylus était à l'œuvre et c'est grâce à son influence et à l'entraînement de son exemple, qu'une orientation nouvelle fut donnée aux travaux de l'Académie sur l'antiquité 2.

Un grand fait domine toute celle période, — c'est non pas précisément la découverte d'Herculanum et dé Pompéi — mais la reprise et la conduite régulière, sinon méthodique, des fouilles commencées sur leur emplacement 3.

Dès 1748 paraît un Mémoire historique et critique sur la ville souterraine découverte au pied du mont Vésuve 4.

l.Cf.Dacier, Tableau historique de V érudition française, p. il.

•2. Cf. S. Rocheblave, Essai sur /<■ comte île Caylus, p. 260 et suiv.

3. Déjà an xvi' et an xvn" siècle, uni' foule d'indices avaient révélé l'existence de mines importantes sur l'emplacement de ces villes. Mais les fouilles ne commencèrent véritablement qu'en L738 pour Herculanum et eu 1748 pour Pompéi. Voir sur celle question : Overbeck, Pompeji in seinem Gebaùden, Alterthùmern und Kunstwerhen dargestellt; Furcbheim, Bibliografia <li Pompéi, Ereolano e Xtal/ia, Napoli, 1891.

'». C'esl un des premiers eeriis sur la découverte de Pompéij <lù au marquis de l'Hôpital, alors envoyé extraordinaire de France, et rédigé par Darthenay. Cf. Furchheim, <</<. cit. -

L'intérél «les fouilles n'échappa point même au grand public : « Les curieux, disait Raynal dans ses IVbuvelles littéraires, se promettent de grands avantages * ï « ^ cette découverte. <m a déjà trouvé un théâtre, un temple, tics maisons el des rues, des peintures, des mosaïques, des statues, des médailles, tirs instruments destinés aux sacrifices, des lampes et des ustensiles. » A partir de cette époque, les publications se succèdent sans interruption '. Le président de Brosses écrit des Lettres sur l'état actuel de la ville souterraine d'Herculée et sur les causes de son ensevelissement (1750). Gaylus publie une Lettre sur les peintures d' Herculanum (1751); Cochin el Bellicard des Observations sur les antiquités d' Herculanum,... avec quelques réflexions sur la peinture et la sculpture des anciens (IToTj: l'abbé Richard une Description historique et critique de Pompéi (1770), — sans parler de tout ce que les voyageurs d'alors ont écrit sur la question.

Avec sa passion tenace de collectionneur, Gaylus se tient au courant de toutes les trouvailles. Il achète et brocante en Italie par l'intermédiaire de l'abbé Barthélémy et du théatin Paciaudi, qui met à son service un véritable dévouement. Mais il ne suffit pas de parler de son zèle et de son activité : il apporte une méthode vraiment originale 2. A l'étude forcément incomplète des textes, il substitue l'étude directe des monuments. Surtout il se préoccupe de la technique, qu'il fait passer môme avant l'appréciation de la valeur esthétique des œuvres. Rien de plus précis et de plus positif que sa façon de procéder. Au lieu des vagues dissertations d'autrefois ;. il fait porter la discussion

M. Maurice Tourneux l'attribue à l'abbé Moussinot; cf. Corresp. litt., I, 146 (note).

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