‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 33 sur 248 · Mém. i/r l'Acad. 'tes Inscr.: XVI, p. H · texte numérisé non relu

Mém. i/r l'Acad. 'tes Inscr.: XVI, p. H

ti8 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A L ANTIQUE.

en remontrerai! en style lapidaire à tous les académiciens réunis.

Ajoutons que les érudits eux mêmes ne faisaient pas grand'chose pour détromper l'opinion. Chez beaucoup d'entre eux — nous l'avons vu, — ■ le pédantisme était réel et la scolastique rapetissait les questions : Rochefort et l'abbé Batteux entamaient un long débat sur la nature el les lins de (a tragédie d'après Aristote '. On n'allait sûrement pas chercher des leçons de style et de goût dans leurs mémoires. Mais cette persistance à éterniser une vieille querelle parfaitement stérile était d'un mauvais exemple pour le grand public. — Avec cela, si certains sont pédants, d'autres affectent d'être le contraire, ce qui les couvre de ridicule aux yeux des gens du monde : en séance publique, Pasloret, qui lit un mémoire sur la législation des Assyriens, croit être très spirituel en faisant une allusion à la Rosière de Salcncy 2 à propos des filles de Babylone qui se livraient à la prostitution sacrée. Mais Pastoret n'était pas le seul coupable. 11 est certain qu'à l'Académie des Inscriptions tout le monde est jaloux des séances si brillantes de l'Académie française. On veut plaire aussi, retenir son public. Quelques-uns même vont jusqu'à exiger des candidats. comme condition expresse de leur vote, qu'ils ne se présentent point à l'Académie rivale. C'est ainsi qu'Anquetil-Duperron avait donné sa voix à Cboiseul- Gouflier : quelque temps après Choiseul entrait à l'Académie française; mais Anquetil ne se tenait pas pour battu et évoquait l'affaire devant le tribunal des maréchaux, pour forfaiture à une parole d'honneur.

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