‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 34 sur 248 · Mém. de l'Acad. des Inscr., XXXIX · texte numérisé non relu

Mém. de l'Acad. des Inscr., XXXIX

2. Cf. Corresp. litt., XIV. 3 1 '. 7 . La liosière de Saleiic;/ était un opéra-comique de Favart, musique de Monsigny (1769), qui avait encore conservé sa réputation.

Le tribunal se déclara incompétenl el tout Paris s'amusa aux dépens d'Anquètil el de l'Académie des Inscriptions '.

Mais ce ne sont là que des petits ridicules. Le grand mal de l'érudition, c'est celui de l'esprit classique du xviii® siècle dans toutes ses manifestations. De même que nos littérateurs ne savent plus composer un livré el n'en font qu'un pénible assemblage de morceaux ajustés, nos érudits sont incapable d'embrasser \\\i ensemble ou même d'aborder les grandes questions. Ils s'éparpillent sur une Coule de points de détail, ils n'épuisent aucun sujet, ou ils traitent les sujets importants avec une extrême banalité. On a enfin un goût fâcheux pour les questions minuscules et pour les noms les plus obscurs. On est trop porté à disserter sur la vie et les ouvrages de Thrasylle ou de Charon de Lampsaque - et pas assez sur Homère, et les tragiques grecs. N'y-a-t-il pas là une analogie frappante avec les petits sujets de la poésie descriptive du temps ?

Ce qui manque surtout, comme chez nos poètes et nos artisteSj c'est l'esprit intérieur, qui vivifie l'étude des textes, l'intuition à demi poétique d'une époque, d'une langue «m d'une religion. La science, comme l'art d'alors, est un corps sans âme. On le vil bien dans le Voyage du jeune Anach'irsis, qui esl cependant la synthèse la pins hardie qu'ait tentée l'érudition du xviiic siècle. Mais on aurait mauvaise grâce d'insister. Il faudrait s'en prendre au siècle touf entier : les Allemands, plus travailleurs, ne son! guère, en cela, plus avancés que nous. Ce ne sont pas les savants qui crée-

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