‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 35 sur 248 · Corresp. litl., XIII. p · texte numérisé non relu

Corresp. litl., XIII. p

2. Voir Mém. de l'Acad. des Tnscr., dissertation de Sevin sur Thrasylle, t. X: du même Sevin, dissertation sur Charon de Lampsaque, i. XIV.

roni véritablement chez eux l'intelligence du passé, ce sonj des littérateurs el des poètes, — les Lessing, lesHerder, oulesGœthe — ceGœtheà qui Heyne dédiait son Virgile el Wolf son Muséum, comme « à celui qui avail le mieux connu el représenté le génie ijrec ' ». Ce <|ni ressort <lc tout cela, c'est que le classicisme, à celle dernière période, n'avait pas grand'chose à attendre de l'érudition : on n'était plus au xvic siècle, où toutes les branches du savoir et de l'activité intellectuelle étant confondues, l'enthousiasme poétique pouvait s'allier à la philologie la plus minutieuse. Aujourd'hui le divorce est consommé, et c'est assurément un bien. Les méthodes positives de l'érudition moderne sont tout ce qu'il y a de plus contraire à l'esprit poétique. C'est au poète à être philologue, comme au peintre à être archéologue à sa façon, qui n'est pas celle du savant, et peut-être que celui-ci l'oublie trop quand il reproche aux deux autres leurs inexactitudes ou leurs fantaisies. Les données de la science arrivent, jusqu'au poète comme une rumeur populaire, comme une sorte de « ouï dire », suivant l'expression de Carlyle, et ce « ouï-dire », il a pour mission de le transformer en certitude et en beauté conformément à la loi de son génie. Au xvme siècle, il y a au contraire une tendance fâcheuse à confondre le poète et le savant : nous verrons les résultats lamentables de cette confusion. En ce qui concerne le mouvement antiquisant, s'il est vrai, comme nous l'avons dit, qu'il était condamné d'avance, ce n'était pas l'érudition qui pouvait le sauver.

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