Lettre à l'Académie, X
:i. Lettres sur Sophocle. — Dissertation sur la tragédie ancienne et moderne, 11. p. 1 îs - ; .
tragédie grecque, — c'est assurément celle du « pourquoi » '. Le poète place ses personnages dans le monde merveilleux de La légende, el ceci admis une fois pour toutes, la question de la vraisemblance devient tout à l'ail secondaire; le porte ne s'occupe de la fable que dans la mesure où elle peut servir au développement lyrique de la passion, qui est l'essentiel. .Mais pouvait-on penser ainsi au XVIIIe siècle? Oui s'était avisé aloï's, parmi les érudits, d'expliquer par l'influence persistante du dithyrambe primitif les prétendues invraisemblances et les naïvetés des tragiques grecs?
Ainsi donc on a beau jeu de répéter que Voltaire ne comprend rien au fond même du théâtre grec. A moins d'être un érudit de génie, ou un humaniste de plus de loisir et de plus de poésie, il ne pouvait pas le comprendre. Mais bien des détails extérieurs l'ont frappé et il en a tiré une leçon qu'il a mise en pratique : là est son originalité, — et sa part dans le mouvement antiquisant.
D'abord , toute sa vie , il n'a cessé d'invoquer l'exemple des Grecs, pour demander plus de magnificence et de commodité dans la construction de nos théâtres2 : « Cinna, Athalie méritaient d'être représentés ailleurs que dans un jeu de paume, au bout duquel on a élevé quelques décorations du plus mauvais goût3 ». Le théâtre de Dionysos est son rêve, <r ce théâtre superbe, où les ouvrages des Sophocle et des Euripide étaient écoutés par les Périclès et les Socrate et où des jeunes gens n'assistaient pas debout