La Comédie-Française, rue de l'Ancienne-Comédie, était
particulièrement laide et mal aménagée. Diderot raconte l'anecdote fantaisiste d'un provincial qui l'avait prise pour une pMson : Entretien avec Dorval.
3. Dissertation sur la tragédie ancienne et moderne, IV. 190,
et en tumulte1 ». Ce tumulte l'indigne. Il trouve inconvenante l'attitude du public dans le temple de Melpomène. 11 voudrait qu'on assistât à une tragédie avec une sorte de recueillement connue les Grecs à leurs représentations, qui étaient en même temps des cérémonies religieuses. Voltaire peut avoir été un poète tragique médiocre; il a eu une très haute idée de son art. Aussi recomniande-t-il tous les moyens qui peuvent ajouter au prestige de la tragédie. Dans sa pièce de Tancrède on vit « des trophées et des devises ». connue dans les tournois; dans Sémiramis l'apparition de l'ombre de Ninus avait été une grande hardiesse : « On a déployé tout l'appareil de l'ancien théâtre grec. Il serait triste, après que nos grands maîtres ont surpassé les Grecs en tant de choses dans la tragédie, cpie notre nation ne pût les égaler dans la dignité de leurs représentations2. » Remarquons qu'ici il aurait pu tout aussi bien invoquer l'exemple de Shakespeare. qui peut-être plus que les Grecs lui avait appris que la poésie dramatique peut aussi « parler aux yeux i. Mais Shakespeare est un barbare : on peut lui prendre des idées ou des intentions, mais non pas le citer et encore moins le choisir pour modèle. — D'après cela, il était naturel que Voltaire tînt à conserver l'ancienne mélopée tragique, si propre à faire valoir la majesté de l'alexandrin : dire les vers comme de la prose, c'est un contresens, presque un crime de lèse-tragédie. Aussi la l'ameuse innovation de M"0 Clairon au théâtre de Bordeaux le laissa-t-elle incrédule. Il trouve que nos meilleures pièces ressemblent assez à des comédies sans en rabaisser encore le ton; adopter
J. Dissertation..., IV, U'.). Faut-il faire remarquer l'étourdérie de Voltaire qui fait le théàlre de Dionysos contemporain de Périclès et de Socrate?