‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 56 sur 248 · Pensées diverses, t. VII, p. 159 (édit. Laboulaye · texte numérisé non relu

Pensées diverses, t. VII, p. 159 (édit. Laboulaye

•2. Voir Faguet, Dix-huitième siècle : Montesquieu amateur de l'antiquité, p. 145; Albert Sorel, Montesquieu, p. 1 \i.

3. II cite les ailleurs grecs en français, ou parfois d'après des traductions latines.

i. Il avance que Virgile est inférieur à Homère « par la grandeur et la variété des caractères, par l'invention admirable ». et qu'il ne l'égale que •• par la beauté de la poésie ». Pensées diverses, t. VII, p. 159. Dans le même passage, il compare Pope à Fénelon, traducteur ou imitateur d'Homère, et il conclut : •• Pope seul a senti la grandeur d'Homère ».

5. « 11 n'y a que les têtes bien frisées et bien poudrées qui connaissent tous les charmes du Temple de Gnide « (Montesquieu).

l'esprit ». Est-il surprenant après cela, que sans cesse occupé de Rome, il ait laissé d'elle, dans les imaginations de son temps, une si vivante et si prodigieuse idée? Son style, excellent à découper en pleine lumière les contours nets d'une image, <»u à résumer une pensée dans une formule précise comme un théorème,

— aidait encore à l'illusion. Il a dit quelque part du peuple romain que « plus qu'un autre il s'entourait par les spectacles.... Le débiteur qui parut sur la place couvert de plaies fit changer la forme de la République. La vue de Virginie lit chasser les décemvirs.... La robe mutilante de César remit Rome dans la servitude *. » Lui aussi il s'est laissé éblouir par les grands spectacles de son histoire. Ses théories politiques ont pu être mises en oubli avant la fin du siècle, le grand sens de son œuvre à peu près perdu pour la génération révolutionnaire, il n'en e>t pas moins vrai que, grâce à lui, grâce à son imagination toute plastique, grâce à ces petites phrases si vigoureuses et si pleines et en même temps si amies de la mémoire, les esprits ont été jusqu'au bout obsédés comme des effigies idéalisées de la vertu romaine : le citoyen de l'ancienne République, — tout entier dans l'amour des lois et de la patrie2, — les exercices du Champ de Mars et les bains dans le Tibre, — la politique du Sénat : les rois dans le silence et rendus « comme stupides3 »;

— la rigidité et l'héroïsme de Caton, — la hauteur morale de Marc-Aurèle, — mais principalement la frugalité et la pauvreté romaine, et, dominant tout le reste, la grande image apparue dès le premier chapitre du livre : « On bâtissail déjà la Ville Éternelle4 ».

I. Esprit des Luis, t. IV. p. lu (édit. Laboulaye). . Op. rd., De l'éducation sous le gouvernement républicain, t. III. L5i.

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