Eloge de Marc-Aurèle
il s'élance avec rapidité et par saillies d'un objet à l'autre, semblable à ces animaux agiles (Bossuet) qui, placés dans les Pyrénées on dans les Alpes, el vivant sur la cime des montagnes, bondissent d'un rocher à l'antre, en sautant par-dessus les précipices '. »
Mais le défaut le pins choquant de Thomas, c'est qu'en rhéteur qu'il est. il n'a à aucun degré le senti ment de la réalité vivante et, par contre coup, celui de la langue qu'il parle. Son français, comme le latin des (dasses. est une langue morte, qu'il torture bizarrement sous prétexte d'élégance et qui ne recouvre que le vide. Tout occupé des phrases, il perd si bien le sens des situations et des choses, qu'il en devient bouffon sans le vouloir. Qu'on regarde un peu ce passage de son Éloge de Marc-Aurèle. C'est Apollonius qui parle :
» Je puis donc vous attester et vous demander si « Marc-Aurèle a jamais opprimé un citoyen. S'il y en « a un seul, qu'il se lève et qu'il me démente. »
Tout le peuple se met à trier : « Aucun, aucun! »
« Je puis vous demander si, sous son règne, jamais « un seul d'entre vous a été opprimé par ces affranchis « du palais qui se font esclaves, pour être tyrans ». « Dites, Romains, en a-t-il existé un seul sous son « règne? »
Us crièrent encore tous ensemble : « Aucun, aucun!... » 11 continua....
Pourtant celte misérable rhétorique était frénétiquement applaudie "2. Le comte de Guibert, qui succéda à Thomas à l'Académie française, disait dans son discours à propos de cet Éloge de Marc-Aurèle : « On pourrait le croire récemmenl découvert sous les ruines