‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 63 sur 248 · Essai .sue les Éloges · texte numérisé non relu

Essai .sue les Éloges

•l. Cf. Corresp. lit/.. XI. p. 161 : « M. Thomas n'aurait pasfait autre chose qu'il mériterait à ce titre une place distinguée, au rang des Démosthènes et des Platons »(

du Capitole '... ». La vérité, c'est que dans ces harangues, Oïl applaudissait beaucoup moins le talent de Thomas, que ces lieux communs anonymes sur la tyrannie ou les grands hommes dans le malheur, dont alors toutes les imaginations se repaissaient : avec quel enthousiasmé ne devait-on pas écouter des morceaux comme celui-ci. sur les sages persécutés : » Devant l'un je vis s'allumer des flammes et il y posa la main. On apporta à I autre du poison; il but et (it une libation aux dieux. Le troisième était debout auprès d'une statue de la liberté brisée; il tenait d'une main un livre : de l'autre il prit une épée dont il regardait la pointe. Plus loin je distinguai un homme tout sanglant, mais calme et plus tranquille que ses bourreaux: je courus à lui en m'écriant : « 0 Régulus, est « ce toi? » Je ne pus soutenir le spectacle de ses maux et je détournai mes regards. Alors j'aperçus Fabrice dans la pauvreté; Scipion mourant dans l'exil; Épictète écrivant dans les chaînes, Sénèque et Thraséas les veines ouvertes et regardant d'un œil tranquille leur sang couler -. »

On voit d'ici tout ce que les orateurs révolutionnaires vont tirer de ces thèmes. On entend déjà David disant à Robespierre : « Si tu bois la ciguë, je la boirai avec toi 3 ».

Si Ton essaie maintenant de résumer les impressions et les idées qui se mêlent dans les livres de ces critiques, de ces historiens et de ces rhéteurs, on verra que

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