Cfj Mémoires de Garrick. notes de la page ;>u
vail ' »; de là l'obligation d'appliquer à celle-ci « les lois de la composition pittoresque » 2. Ces conseils furent suivis, nous le savons. Toutes les imaginations gardèrent le souvenir du jeu terrible de Lekain dans la Sémiramis de Voltaire, « lorsque sortant du tombeau de Minus, le bras nu et ensanglanté, les cheveux épars, au bruit du tonnerre, à la lueur des éclairs, arrêté à la porte par la terreur, il lutte, pour ainsi dire, contre la foudre. Ce tableau, qui dure quelques minutes, est de son invention, el n'a jamais manqué de pro~ (taire le plus grand effet sur les spectateurs 3. » Pour la beauté plastique de la scène, il faudrait citer encore le jeu de Larive dans le Philoctète de La Harpe 4 et dans le Pygmalion de Rousseau, où il formait un groupe avec M,le Raucourt en statue antique 3. Encore une fois, il importe de se rappeler tout cela pour comprendre comment tout le fatras dramatique d'alors a pu être supporté du public : un art nouveau s'était superposé à celui du poète ou du dramaturge et en masquait l'indigence.
Mais on était en trop beau chemin pour s'arrêter : après avoir restauré ce que l'abbé Dubos appelle « la saltation théâtrale » des anciens, c'est-à-dire l'art du uvslr. il ne manquait plus que de revenir à la pantomime proprement dite. Et de fait elle fut sur le point de renaître. Diderot expliquant à sa manière un pas-