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3. Cf. Adolphe Jullien, Histoire dit costume au théâtre, p. 276 et suiv.
i. Arnault, Souvenirs d'un vieil amateur dramatique.
que la voie était ouverte et la reforme commencée : il était impossible qu'avec ses goûts de collectionneuse ', elle ne donnât pas une attention toute spéciale au costume. Lekain dessinait les siens lui-même2 pour n'avoir pas à compter avec les fantaisies du tailleur. Leurs efforts se soutinrent mutuellement et il est probable que leur exemple amena peu à peu le public à se montrer plus exigeant. Dans les dernières années du siècle, on est arrivé à une couleur locale déjà très satisfaisante, en tout cas beaucoup plus exacte qu'au temps de Lekain et de M"° Clairon. Des ouvrages spéciaux avaient éclairé les acteurs comme le public : sans parler de tous les renseignements qu'on pouvait trouver dans les livres d'archéologie, dans Caylus. dans Winckelmann, dans les publications ded Hancarville et de Sylvain Maréchal, dans le Jeune Anacharsis de l'abbé Barthélémy, — on avait à consulter le Costume des anciens peuples de Dandré-Iiankm iITTl'i. qui était une série d'estampes exécutées avec la collaboration de Cochin, — VHlsloire universelle des théâtres
177'.)). par l'abbé Desfontaines et Lefuel de Mértcourt, et surtout la très curieuse publication périodique de Levacher de Chamois, Costumes et annales des grands théâtres île Piiris. dont le sous-titre est extrêmement significatif : < ouvrage destiné à représenter le costume exact de nos comédiens les plus éclairés, à relever les erreurs des faux eostumes, à offrir les modèles de ceux qui sont inconnus ou altérés, ainsi • pic des recherches sur les habillements «le l'antiquité cl des Millions étrangères. »
C'est ainsi qu'on put voir Larive, dans le Philoctèle (\v La Harpe revêtu d'une simple tunique et d'un gros
I. Voir E. de Concourt, .»/"" Clairon, p. :V22. ■>. Adolphe JalHen, op. cit., p. 133;
manteau de laine avec îles sandales el le casque romain '. Sophie Arnould parut dans Vlphigénie de Gluck en robe blanche el voile blanc, sans autre parure qu'une rose dans les cheveux*. Mme Saint- Huberty dans Didon, où elle fui si applaudie, portail une robe blanche à broderies d'or, avec une large ceinture, sur une robe jaune plus longue, un manteau royal attaché aux épaules, de simples sandales. le voile et la couronne3. Le costume de l'ancien répertoire fui aussi rajeuni : on vit des Hippolyte et des Horace qui rappelaient tel marbre grec <>u telle figure de la colonne Trajane '•. Évidemment il y aurait (mi encore bien à dire pour l'exactitude absolue. Par exemple, les actrices conservaient souvent sous leur voile la haute coiffure Louis XVI, ce qui leur donnait un faux air de pleureuses xvi° siècle sous leurs capuchons.
Les guides eux-mêmes n'étaient pas toujours très sûrs et il se mêlait beaucoup d'à peu près à d'authentiques restitutions. Levacher de Chamois donne quelque part le « costume d'un Scythe de delà le mont Immaûs s », — dont les prétentions à la couleur locale font sourire: et je ne parle pas de ses Hébreux, de ses Persans et de ses Égyptiens. Enfin ces costumes historiques se rencontraient sur la scène avec des costumes de fantaisie selon la tradition du théâtre, ce qui devait produire un amusant contraste6 : il n'y eut guère que la Virginie de La Harpe et les Gracques de