‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 105 sur 281 · Arnault, Souvenirs d'un vieil amateur dramatique · texte numérisé non relu

Arnault, Souvenirs d'un vieil amateur dramatique

LE THEATRE ET L'iMITATION DE L' ANTIQUE. 157

que la voie était ouverte et la réforme commencée : il était impossible qu'avec ses goûts de collectionneuse *, elle ne donnât pas une attention toute spéciale au costume. Lekain dessinait les siens lui-même ^ pour n'avoir pas à compter avec les fantaisies du tailleur. Leurs efforts se soutinrent mutuellement et il est probable que leur exemple amena peu à peu le public à se montrer plus exigeant. Dans les dernières années du siècle, on est arrivé à une couleur locale déjà très satisfaisante, en tout cas beaucoup plus exacte qu'au temps de Lekain et de M"° Clairon. Des ouvrages spéciaux avaient éclairé les acteurs comme le public : sans parler de tous les renseignements qu'on pouvait trouver dans les livres d'archéologie, dans Caylus, dans Winckelmann, dans les publications ded Hancarville et de Sylvain Maréchal, dans le Jeune Anacharsis de l'abbé Barthélémy, — on avait à consulter le Costume des anciens peuples de Dandré-Bardon (1772), qui était uncsérie d'estampes exécutées avec la collaboration de Cochin, — VHisloire univevselte des théâtres (4779), par l'abbé Desfontaines et Lefuel de Méricourt, et surtout la très curieuse publication périodique de Levacher de Chamois, Costumes et atinales des grands théâtres de Paris, dont le sous-titre est extrêmement significatif : « ouvrage destiné à représenter le costume exact de nos comédiens le» plus éclairés, à relever les erreurs des faux costumes, à offrir les modèles de ceux qui sont inconnus ou altérés, ainsi que des recherches sur les habillements de l'antiquité et des nations étrangères. »

C'est ainsi qu'on put voir Larive, dans le Philoctèfe de La Harpe, revêtu d'une simple tunique et d'un gros

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