‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 115 sur 281 · Goethe, Entretiens avec Eckermann · texte numérisé non relu

Goethe, Entretiens avec Eckermann

de l'esprit humain. Et parlerons-nous seulement de son Essai sur les mœursl Mais que dire de ce poète, qui commente ainsi le Fortunatos nimium :

toi, par qui fleurit Tart le plus nécessaire, Ami de Tinnocence, honnête agriculteur, Qu'il est facile et doux de faire ton bonheur! Ah ! s'il n'a point à craindre une injuste puissance, Un tyran suhaltei^ney ou V avide finance.,, *.

Nous n'insistons pas sur le grotesque du style. Nous allons voir plus fort en ce genre, comme, par exemple, dans ce passage de Roucher. L'auteur décrit la chasse et les plaisirs des vacances, et brusquement il s'interrompt pour faire la leçon < aux prêtres de Thémis » :

Jurez que la beauté plus forte dans les larmes Trouvera votre cœur armé contre ses charmes 2.

Ailleurs, dans un éloge de Rousseau, il trouve le moyen de glisser une tirade sur le refus de sépulture aux restes de Voltaire : ^

Que dis-je? démon siècle éternelle infamie, U hydre du fanatisme 3

La censure coupa le vers après ce premier hémistiche; mais le morceau ne fut pas perdu. Le F/, Roucher eut soin deje lire à la Loge maçonnique des Neuf-Sœurs d'ans une cérémonie funèbre en l'honneur de Voltaire *.

On peut dire que le xviii^ siècle a complètement perdu le sentiment de la poésie, s'il en a eu le désir et quelquefois l'instinct. La race d'ailleurs ne l'avait jamais possédé

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