‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 118 sur 281 · Saint-Lambert, Les Saisons (l'Été · texte numérisé non relu

Saint-Lambert, Les Saisons (l'Été

LES « POET^ MINORES ». i73

Ils sont peuple, comme Diderot. Ils glorifient toutes les manifestations de l'animalité humaine — Tamour physique, la paternité, la maternité, la sensibilité, les larmes : l'Académie met au concours pour le prix de poésie « une lettre d'un père à son fils à propos de la naissance d'un petit-fils* >.

Naturellement ils sont plats : ils ont le goût timide et routinier; Roucher ne comprend pas les énormes hyperboles de la poésie* hébraïque •. C'est la complète inintelligence de toute grandeur, soit en art, soit en morale. Lemierre ne voit pas ce qu'il y a de poétique dans les rites et dans les fêtes du christianisme et il estime que les fêtes païennes sont bien supérieures*. La Fête-Dieu — le Corpus Chrisli, comme disent les Méridionaux, dont le sens symbolique est si profond et que les Espagnols en particulier solennisent avec une telle splendeur, — toute cette poésie des rites ne lui est qu'un prétexe à décrire les rixes entre bedeaux et porte croix pour le pas dans la procession, ce qui donne un épisode digne du Lutrin. Ils ne comprennent plus la noblesse de la virginité, alors que les anciens vénéraient les Vestales et consacraient des statues à Athena-Parthénos : Diderot écrit La Religieuse et Gresset, Vert-Vei'L Rappellerons-nous la Pucelle de Voltaire? L'héroïsme même, quand il est démesuré, leur échappe : on sait ce que Tressan et Boufflers ont fait de la grande figure du chevalier.

Et naturellement encore, ils sont incapables de com-

1. Cf. Corresp, litt., VI, 73. (La pièce couronnée était de Chamfort.)

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