Cf. Les Mois, t. I, p
3. « Je me suis borné aux usages quels qu'ils fussent qui étaient susceptibles d*étre ornés par la poésie. Qu'aurais-je pu tirer en effet de poétique de l'usage des Pénitents bleus ou blancs, si longtemps suivi dans les provinces méridionales? ■ etc. (Les Fastes, Avertissement.)
prendre la beauté pour elle-même : le grand art idéaliste du xvii' siècle est donc lettre close pour eux. Ils en conservent machinalement la forme et ils la remplissent d'idées étrangères à l'art — couplets patriotiques, réalités des plus vulgaires, niaiseries sentimentales, tout le demi-réalisme des bourgeois. Dorât écrit un poème sur V Inoculation, Colardeau sur le Patriotisme ou sur Une dame qui allaite son enfant; un autre chante le Pain bénit, un quatrième, le Pain mollet * ; mais c'est dans l'héroïde surtout que la sentimentalité ridicule du siècle se donne carrière. On ne s'en dégoûta pas, malgré la surabondance de la production. Je relève des titres au hasard : Julie, fille (TAuguste^ à Ovide, La Vestale Claudia à Titus, Canacée à Macarée, Zeila, jeune sauvage, à Valcourt, officier français, ce qui appelait la Réponse de Valcourt, officier français, à Zeila, jeune sauvage^.
L'art du xvii® siècle, forme et contenu, est devenu trop haut pour eux. De même qu'ils le veulent platement réaliste, ils le veulent moralisateur. Tout autant que le théâtre, la poésie d'alors prêche consciencieusement la vertu ; et c'est peut-être ce qu'il y a de plus odieux dans toute cette rimaillerie : Saint-Lambert, à la fin des Saisons, présente le portrait idéal du seigneur de village : il apaise les querelles, donne des conseils, prête au paysan < le secours de ses lumières > ; il est l'arbitre du canton, le défenseur de la veuve et de l'orphelin. D'autres sont encore plus pratiques et riment