Ibid., I, p
3. La traduction de Chabanon surtout avait fait quelque bruit; cf. notre chap. n, p. 61.
4. On trouvera ces illustrations dans la traduction d'Huber (1777). Delécluze en parle encore comme ayant exercé une véritable influence sur le mouvement antiquisant dans les ateliers; cf. Louis David, son école et son temps j p. 127*
0; Sainte-Beuve, Portr, litt., t. II, p. 100.
d'employer ce procédé *. C'est le contraire de ce que faisaient nos romanciers du xiv' siècle qui mettaient en prose les chansons de geste des siècles précédents ; mais c'est la même platitude, la même stérilité, et la même rage d'écrivasserie : le poète alors n'est plus qu'un scribe qui calligraphie les œuvres des autres. /
C'est assurément une entreprise fort ennuyeuse que d'exhumer cette littérature mort-née de la fin du xviii" siècle; mais elle ne sera pas inutile, si nous nous rendons compte des procédés de composition et en général des procédés d'art de ce classicisme décadent. Peut-être- verrons-nous mieux ainsi pourquoi cette poésie a été si inférieure et pourquoi l'imitation de l'antique a été incapable de lui rendre la vie,
La marque de la poésie d'alors c'est qu'elle est desmptive: ce sont les Anglais qui ont inventé le genre. Pope et Thomson en sont les modèles. — Pope était connu depuis longtemps ; quant à Thomson, sa réputation en France ne commence guère qu'à partir de la traduction que donna des Saisons en 1759 une certaine M"™^ Bontemps *. Il fut très lu et admiré de quelquesuns 2. Malgré la malveillance et la jalousie qui était au * fond de cette admiration, on était bien forcé de convenir qu'il y avait chez Thomson un sentiment vrai de la nature et surtout une couleur que la poésie française
1. Épitre à Lebrun, v. Ml et suiv., édit. Becq de Pouquières.
2. La traduction de M"' Bontemps ne paraît pas avoir été accueillie avec un gfand enthousiasme (cf. Con'^sp, litl.^ lYj 248); mais elle contribua à attirer l'attention sur Thomson»