‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 133 sur 281 · Ibid., IV, p · texte numérisé non relu

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dirions avec assurance que depuis Racine, on n'a pas fait de plus beaux vers * ». Plus tard en 1790, après une lecture de son épisode des Catacombes dans Vlmagination : t Si l'on ne craignait pas de s'être laissé éblouir par le charme de la déclamation la plus séduisante, on oserait dire que c'est le plus beau morceau de poésie qui existe dans notre langue *. • Delille lui-môme se laisse entraîner et infatuer par la vogue extraordinaire de sa poésie : t A ces mots, le Génie me sourit, me jeta quelques feuilles de laurier détachées de la couronne de Virgile et de Milton... Je les saisis avec empressement et les rattachai avec respect aux couronnes à qui elles appartenaient ^. » Malgré la modestie de la restriction, on voit que Delille se croit de la grande famille.

Plus encore que l'actualité, ce qui devait séduire et ce qu'on devait aimer dans Delille, c'est sa banalité { distinguée. Il donnait l'illusion du* grand art : c'était ; le moule, c'était le tour des maîtres. Il faisait songer \ à la correction sévère de VArt poétique et cela rassurait sur l'insignifiance du fond. Sa langue est certainement plus riche que celle des classiques : elle a dû éblouir les contemporains. Comme disait de lui ChènedoUé : € C'est le petit chien qui secoue des pierreries ♦. » Mais cette langue si abondante, on la sent exténuée et vide de substance. Les mots en sont morts. Elle est pleine d'à-peu-près et d'impropriétés. Quant à son style, c'est un amalgame de tous les styles connus. Son éditeur de 1824, malgré son admiration, ne peut s'empêcher d'en convenir, t 11 a tour à tour la touche ferme et sévère de Boileau, l'harmonieuse élégance de Racine,

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