‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 14 sur 281 · M*"* de Genlis, Souvenirs de Félicie. — Voir dans les · texte numérisé non relu

M*"* de Genlis, Souvenirs de Félicie. — Voir dans les

De semblables déclarations nous surprennent, parce que nous sommes habitués à considérer le xviii® siècle comme l'époque des bergeries et des drames bourgeois, des petits vers et des petits romans : c'est pourtant aussi le temps de la shakespearomaniCy celui où Ton traduit Ossianel Young; où Thomas déclame, où Lebrun s'évertue à simuler le délire pindarique et entasse les hyperboles gigantesques et les alliances de mots barbares; où Mercier traite la tragédie classique de c cadavre gréco-romain* », où Boucher s'écrie :

Et parcourant les mers et la terre et les cieiix. Mes chants reproduiront tout l'ouvrage des dieux 2.

Et nous ne parlons pas de tout ce qu'il y avait de violent, de tumultueux et d'exaspéré dans la prose d'un Diderot ou d'un Rousseau.

On cultive encore plus les sentiments tendres. Fautil rappeler les excès ridicules de cette ticnsibJeriCj qui s'épanouit pendant toute cette fin de siècle comme une dérision du sentiment et. de la passion véritable — l'étalage de l'amour paternel ', conjugal ou filial, les petites amitiés mystérieuses surtout entre femmes, les temples à l'amitié dans les jardins, les urnes funéraires en souvenir d'un mort chéri, les « poufs au sentiment * », les bagues et les boucles de cheveux échan-

Mélanges littéraires de 8uard un curieux article de Devaine sur l'Exagération : « Ne dites pas d'une i>ièce qu'elle est bonne ou mauvaise, mais prononcez qu'elle est effroyable ou délieieuse, etc. ». (III, p. 6t.)

1. Mercier, Tableau de Paris, p. 248 (édit. G. Desnoiresterres).

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