Invention, v.-57 et suiv
5i Cf. Poésies d'André Chénier, Hymnes, pjèce V, p. 448.
AiNDHE CUENIER. 243
piiidarique avec sa division en strophes, antistrophes et épodes. Dans la poésie bucolique, il a été plus loin encore : là ce n'est pas seulement la forme, c'est le fond qui est antique. Il a ramené « Paies des climats étrangers », et sa muse a chanté
. . . Pomone et Pan, les ruisseaux, les moissons» Les vierges aux doux yeux et les grotles muettes Et de l*âge d'amour les ardeurs inquiètes *.
Peut-être même que les poèmes antiques, comme V Aveugle et le Mendiant, ne sont que des idylles dans le genre de Théocrite : l'hypothèse est d'autant plus plausible qu'il y a chez celui-ci des morceaux analogues, dont le style est très voisin de celui de l'épopée.
Mais où l'imitation de l'antique eût été la plus étroite, c'est au théâtre. Nous savons en effet qu'André Chénier rêvait une poésie dramatique absolument calquée sur celle des Grecs. Nous connaissions déjà depuis longtemps l'opinion de Chénier à ce sujet d'après deux fragments qui figurent dans les œuvres en prose : c II faut refaire des comédies à la manière antique. Plu sieurs personnes s'imagineraient que je veux dire [)ar là qu'il faut y peindre les mœurs antiques. Je veux dire précisément le contraire *. » t Les tragédies doivent être dialoguées en vers alexandrins, et les chœurs, s'il y en a, en vers mixtes; les comédies entièrement écrites en vers de dix syllabes, et les satyres dialo» guées en vers de dix syllabes et les chœurs mixtes ^. » Ainsi donc Chénier aurait conservé les divisions de la poésie dramatique telles qu'elles existaient chez les Grecs : la tragédie bien distincte de la comédie. Quant à la satyre, il on aurait changé la matière, sinon la