Ibid., p
244 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l'aNTIQUE.
forme *. Il est à peu près certain qu'il en eût fait quelque chose d'analogue à la comédie aristophanesque, l'ancienne comédie toute personnelle et poli tique.
En effet il ne se serait pas borné à la théorie. Selon les conjectures très ingénieuses de Becq de Fouquières, il avait ébauché des plans de tragédies et de satyres. Nous avons un plan de tragédie dans le goût d'Eschyle, la Bataille d'Arminius ^. Une scène appartenant à un autre sujet est esquissée, mais il est difficile de restituer ou même de conjecturer l'ensemble : c'est la rencontre de l'empereur Théodose et de saint Ambroise après le massacre de Thessalonique. Une autre tragédie aurait eu vraisemblablement pour titre Alexandre VI. Enfin il nous reste un certain nombre de fragments qui peut-être devaient entrer encore dans des compositions dramatiques.
Pour la comédie proprement dite, il ne reste rien qu'une note sur Molière avec la mention eecnr. {jlev., ou d'après la conjoncture de Becq de Fouquières, ôedwiaxal jj-evavoperai. Dans la pensée de Chénier la comédie devait être la comédie de caractères comme chez Ménandre et chez Molière lui-même 3.
Nous avons en revanche trois projets de satyres avec des indications suffisamment explicites : les Charlatans^, dont Chénier avait écrit le prologue; la Liberté, librement imitée d'Aristophane : « Le héros est emprunté aux Chevaliers, c'est le peuple personnifié, le vieux Ayî{jlo;, le vilain toujours berné... Le dénouement, c'est le triomphe et le rajeunissement du vieux
i. Cf. Becq de Fouquières, Documents nouveaux sur André Chénier, p. 274.