Ibid., 1, p. 188, v. 3 et suiv
Veut-on enfin quelque chose de plus classique, qui rappelle tout à fait Le Poussin dans les Bergers cVArcadiet — Un voyageur rencontre une femme sur la tombe de son amant, à sa vue elle s'enfuit. Il s'approche, lit l'inscription, rc^pand des fleurs sur la tombe, puis t il remonte à cheval » et s'en va, la tête penchée et le rœur mélancolique,
Pensant à son épouse et craignant de mourir *.
C'est le paysage noble, comme on recommençait à le pratiquer autour de David! Au fond, il n'y a rien dans tout cela de vraiment antique si ce n'est des réminiscences confuses ou les oripeaux d'une mythologie de décadence : nous sommes bien loin du < salve, magna parens frngum >, de Virgile ou de l'invocation à Vénus de Lucrèce. Plus tard Chénier, dans VHermès, comparera bien la terre à un grand animal et il se souviendra des noces cosmiques de Zeus et de Gaîa ^, mais les préoccupations dominantes du géologue tueront en lui l'accent religieux et poétique.
S'il comprend la nature comme ses contemporains, il ne se fait pas non plus une autre idée de l'amour. Encore est-ce bien l'amour qu'il faut dire? C'est la volupté toute pure. Qu'il chante des courtisanes ou des grandes dames, le ton est à peu près le même. Quoi qu'en dise le dévoué Becq de Fouquières ^, je ne vois pas de différence entre le ton qu'il emploie avec Lycoris ou Glycère et celui dont il parle à Camille. A peine avec Fanny est-il plus respectueux (sans compter que tous ces noms féminins qui se brouillent sur sa lyre sont bien faits pour inspirer une sage