Cf. à ce sujet notre thèse latine
2. Les Allemands eux-mêmes blâment le style métaphysique de Mengs. Justi trouve que dans ses dissertations en allemand il donne l'impression d'une traduction pénible. Cf. WinckeU mann, II, p. 34.
3. Sur tout ce rôle de Caylus à l'Académie de peinture, cf. Rocheblave, op. cit.
loin : ses tendances antiquisantes s'affirment déjà dans un livre, où il s'attache à montrer toutes les ressources pittoresques de la fable et de Thistoire ancienne, — dans ses Nouveaux sujets de peinture et de sculpture^ davantage encore dans ses Tableaux tirés d'Homne et de Virgile et dans son Histoire d'Hercule thébain *. " Ce qui nous intéresse particulièrement ici c'est l'importance qu'il attribuait au costume : sans doute Tantique, tel qu'il le conçoit, est encore très différent du nôtre; mais il avait mis sur la voie de l'antiquité véritable : faire entrer de plus en plus dans l'éducation de l'artiste l'étude des auteurs anciens et de l'archéologie, telle est bien la tendance qui domine dans tous ces ouvrages de Caylus. Qu'on ajoute l'enseignement très précis et très détaillé qu'on pouvait trouver dans son Becueil d^antiquités; qu'on songe surtout à son projet de ressusciter la peinture à l'encaustique des anciens, à la Minerve qu'il fit exécuter par Vien d'après ce procédé, à tout le bruit qui se fit autour de ce tableau : il sera bien difficile de ne pas voir en Caylus celui qui a le plus contribué à ramener l'art de son temps à l'imitation de l'antique.
Pourtant on peut se demander ce qu'il aurait pensé de la peinture de David : il est probable qu'il n'y aurait pas trouvé ce qu'il cherchait. Ce n'était pas à pasticher l'antique qu'il voulait conduire, mais à renouer la tradition du Poussin, voire des grands maîtres de la Renaissance, qui avaient eu ses premières admirations ^
Malheureusement les conditions étaient bien diffé-
1. Caylus n'est pas le seul qui ait publié au xviu* siècle de ces recueils de sujets. Les Goncourt signalent un recueil analogue de Lagrenée et un autre de Dandré-Bardon : Vhistoire universelle traitée relativement aux arts de peindre et de sculpter. Cf. E. et J. de Goncourt, VArt au XVIIV siècle, p. 323.