Devita et moribus Epicuri (fin de la préface
4. « Un des grands chagrins dont il était navré, c'était de ne trouver nulle part dans les ouvrages de Virgile Téloge de Lucrèce; il m'en parlait souvent d'un air pénétré. >• Corresp. lilL, VllI, p. 153.
28 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l'ANTIQUE.
belle page sur V Invocation à Vénus *. Gomme il fallait s'y attendre, Lucrèce est traduit et luxueusement édité : c'est d'abord la traduction italienne de Marchetti qui parait en France (175 i) avec des illustrations de Cochin et d'Eisen. La même année (1768), Panckoucke publie une paraphrase du De natura rerum, et Lagrange, précepteur chez le baron d'Holbach, une traduction avec le texte en regard : c'était encore une coûteuse édition de fermiers généraux avec un frontispice et six figures de Gravelot. Elle lit grand bruit et fut très attaquée par les dévots ', ce qui était assez naturel, puisqu'elle sortait de chez le baron d'Holbach, que Diderot y avait mis la main et qu'elle prenait ainsi les proportions d'un manifeste philosophique.
En même temps que Lucrèce, on ressuscite Julien l'Apostat et un peu pour les mêmes raisons : Voltaire, Grinjm, Diderot en parlent avec égards. Peut-être que V Histoire de l empereur Julien par l'abbé de la Bletterie, qui avait eu un certain succès vers 1748. y était pour quelque chose. L'ouvrage avait paru « très hardi parce qu'un janséniste avait osé imprimer que Julien, apostat exécrable aux yeux d'un bon chrétien, n'était pourtant pas un homme sans quelques bonnes qualités, à en juger mondainement ^ ». Au vrai, il entrait dans le plan des philosophes de réhabiliter tout ce que le christianisme avait condamné : à ce titre, Julien devait être en bonne place parmi leurs grands hommes. Mais celui qu'ils ont le plus célébré, le véritable patron de l'église philosophique, c'est Socrate. Sa condamnation et sa mort deviennent un véritable lieu commun pour les poètes comme pour les peintres : le fameux