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Cours de littérature dramatique, I, p

326 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l'aNTIQUE.

El ainsi il n'y a que le xyii" siècle comme modèle supn^me. 11 est incontestable que Geoffroy a mis beaucoup de bon sens et d'exactitude dans ses critiques: que ses contemporains avaient besoin de refaire une rhétorique reprise de très haut; mais ce xvii« siècle qu'il prêchait, il est fâcheux qu'il en ait eu si médiocrement l'intelligence, qu'il n'en ait vu que les côtés solides et pratiques i et non la poésie et la forte originalité. C'est tout autre chose qu'il aurait fallu pour relever le théâtre de sa médiocrité. Pourtant, à force d'abîmer les tragédies bâclées du xviii*^ siècle, ou celles des dramaturges de son temps, qui étaient plus ou moins de l'école de Voltaire, il a peut-être entretenu la notion de la sévérité et de la grandeur de l'art à une époque qui en avait perdu le sentiment et ainsi, malgré tout ce qu'il y avait de rétrograde et de stérilisant dans sa critique, il a peut-être été utile à quoique chose.

Peut-on en dire autant des Dussault, des Féletz et des Hoffman? Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'ils professaient le même culte des anciens et de la littérature du grand siècle, avec plus ou moins de goût et d'érudition, avec un libéralisme plus ou moins éclairé, cela ne change pas grand'chose à l'affaire.

De leur côté, les idéologues, comme Chénier et Népomucènc Lemercier, peuvent être plus intelligents ou plus curieux, ils n'en appartiennent pas moins au passé. Successeurs de La Harpe à l'Athénée de Paris, ils continuent, comme lui, à promulguer les dogmes classiques. On se rappelle de quelle façon Chénier avait parlé de Chateaubriand dans son Rapport. Il concluait ainsi : «Un jour sans doute, on pourra juger

i. Cf. spécialement un passage où il se montre si sévère pour les modernes, I, p. 43.

de ses compositions et de son style d'après les principes de cette poétique nouvelle qui ne saurait manquer d'être adoptée en France du moment qu'on sera convenu d'oublier complètement la langue et les ouvrages classiques * ». C'est encore lui qui avait blâmé les innovations prosodiques de Delille : « Il se permet jusqu'aux emjambements, que Malherbe avait bannis du vers français,... il prodigue aussi les coupes singulières et les effets d'harmonie imitative ^ ».

Népomucène Lemercier, malgré ses jugements favorables sur Shakespeare, son enthousiasme pour Dante 3, — est peut-être encore plus classique et plus intransigeant que tous les autres, parce qu'il prétend fonder sur la raison des axiomes esthétiques et qu'il essaie de rattacher la critique littéraire à la science : comme les idéologues qui appliquaient l'analyse aux opérations de l'entendement, il prétend l'appliquer aux productions littéraires et arriver à formuler des lois aussi positives que celles de la physique ou de la physiologie. De là le titre qu'il donne à ses leçons de l'Athénée : cours analytique de littérature.

11 commence par poser la supériorité de l'art grec sur tous les autres : t Ces chefs-d'œuvre de la Grèce en éloquence et en poésie ne sont-ils pas reconnus de toutes les nations comme les types xnDariahles de la perfection de Varti Qu'importe donc aux préceptes les suffrages capricieux que l'ignorance accorde à de mauvais genres en tel temps ou en tel lieu? Revenons aux vrais modèles, et de leur examen découleront les lois du goût qui ne semblent arbitraires qu'aux esprits qui

1. Cf. Tableau historique de l'état et des progrès de la littérature française depuis 1789. 3° éd., Paris, Maradan, 1818, p. 212. Cet ouvrage n'est que le Rapport refondu.

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