Cf. Vauthier, op. cit., p
4. Voir Notice sur Lemercier dans les Chefs-d'œuvfe tragiques de Diicis, Chénier, Legouvé, Luce de Lancival, lemercier, Paris, Didot, 1876.
5. Ernest Legouvé, cité par Vauthier, op. cit., p» 71 j note.
cremeht réussi. C'est réternelle tragédie classique, avec péripéties, songes, confidents, héros déguisés, — Égisthe, sous le nom de Plexippe, t cru prince d'Illyrie », ce qui amène une reconnaissance. Mais, comme les meilleures pièces des dramaturges du xyiii® siècle, il faut avouer qu'elle est fort bien faite, et c'est ce qui en explique sans doute le succès. Suivant la formule, l'intérêt croît de scène en scène, les personnages ne sont ni tout à fait bons, ni tout à fait mauvais, la € scène à faire » arrive à point nommé. Au fond rien n'est plus lamentable que de voir Lemercier compliquer et mouvementer le drame si simple d'Eschyle, d'une immobilité presque hiératique, pour arriver h remplir ses cinq actes et donner à son public la pâture d'émotions banales qu'il réclamait. Voilà à quoi vous amenait cette merveilleuse forme dramatique dont Voltaire était si fier : accumuler de petites ruses de métier pour exciter une curiosité vulgaire et produire un pathétique de mélodrame.
Il ne reste presque plus rien d'Eschyle dans VAgamemnon moderne : Clytemnestre a perdu sa férocité. On ne la voit pas apparaître la hache à la main, et les bras ensanglantés après le meurtre accompli. Au lieu de se glorifier de son crime, elle le déteste : c'est Egisthe qui a tout fait. Agamemnon et Cassandre ellemême sont encore adoucis : plus rien de ces brutales et terribles images * du vieux poète grec dans la scène du délire prophétique. La Cassandre de Lemercier est en proie à un délire très sage et très académique :
Oui, je sens sur mon front mes cheveux hc. ilrt'Hst'r.,, Mon corps transit et brûle et mon âme obHrd»^»* Ne contient plus le dieu dont elle est postii'cltie ^.,.
1. Par exemple : «içe^e xa; §00; — tov TaOpciV, v. Il2n-U2tj.