Agamemnorij acte IV, se. v
Nous voilà bien loin des exclamations haletantes, dos onomatopc^'os «énergiques, des *Etj, itoitaï, Traitât, dos 'A5t, lôo-j, ioou, qui dans Eschyle rendaient si bien la fièvre <*t Tangoisso de la prophétesse. Et cependant, malgré cela, malgré des réminiscences trop nombreuses de Racine ^ malgi'é l'étiquette classique conservée par endroits, la pièce dut paraître singulièrement antique aux contemporains *. Lemercier avait consorvé d'Eschyle tout ce qu'il avait pu : la scène do l'arrivée d'Agamomnon :
Salut, 6 murs d'Argos, ô palais, 6 patrie!
terre où de Pélops la race fut nourrie 3*
Il avait gardé aussi la scène des prophéties de Cassandre et dans la scène finale telle qu'il l'avait arrangée, il restait encore suffisamment de l'original, — le roi Agamomnon frappé à mort et l'apparition de Clytomnestro sortant do la chambre nuptiale, non plus avec une hache, mais avec un poignard. Nous ne savons rion de la décoration ni de la couleur locale que l'autour avait pu y mettre. Peut-être en retrou vet-on quoique chose dans le tableau de Prud'hon, qui prouve tout au moins combien la tragédie de Lemercier avait mis le sujet à la mode.