‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 228 sur 281 · Cf. Quérard (art. Luce de Lancival · texte numérisé non relu

Cf. Quérard (art. Luce de Lancival

assez bien au décor un peu froid et abstrait que formaient Tameublement et la mode d'alors. On se représente volontiers Hector joué en petit comité à Fontainebleau, parmi les hautes boiseries toutes blanches, les fauteuils aux pieds droits et aux dossiers carrés et les Victoires des candélabres avec leurs robes aux plis rigides et leurs girandoles de cristal.

Une pièce qui dut donner plus fortement encore cette impression de Tantique, c'est la Vestale de Spontini (ISOT), dont le succès, contre toute attente, fut prodigieux*. Le ma(»stro italien, dédaignant la musique facile et spirituelle qui lui avait réussi jusque-là, avait essayé de renouer la grande tradition de Gluck, en sacrifiant tout à l'expression. Malheureusement, si vive qu'ait été la vogue de cet opéra, les ï)iéces à spectacle n'en furent pas évincées pour cela. Il y eut même recrudescence de pièces et de cantates oftlcielles , où l'allégorie mythologique s'épanouit comme sous Louis XIV : Spontini lui-même sacrifia à l'idole du jour dans son Eccelsa Qara'^, qui fut exécutée au Théâtre de l'Impératrice le 8 février 1806. Mais le modèle du genre fut la Clcmence de Trajan avec paroles d'Esménard et musique de Lesueur et Persuis, pour lequel on avait fait de grandes dépenses et même construit un couloir de dégagement, tellement la figuration était nombreuse et splendide^.

A côté de cette musique de commande, il faut mentionner les innombrables poésies officielles que provoquaient les grands événements du règne, — le couronnement, le mariage avec Marie-Louise, la naissance du roi de Rome. Tous les poètes pensionnés payèrent

1. Cf. Adolphe Jullien, Paris dilettante au comynencement du siècle^ p. 281.

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