‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 231 sur 281 · Correspondance de Lamartine, I, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Lamartine, I, p

LA LITTÉRATURE DU DIRECTOIRE ET DE l'EMPIRE. 347

vers erotiques, qui ont fait les délices de toute une génération, nous paraissent le plus insupportable bavardage. On y cherche TibuUe et la poésie antique et l'on n'y trouve, avec une polissonnerie niaise, que les oripeaux mythologiques les plus démodés.

Parmi ces petits poètes, il en est un dont la critique a toujours parlé avec une certaine indulgence affectueuse : c'est Millevoye, le poète poitrinaire, l'auteur de la Chute des feuilles, et ainsi le peu de talent qu'il avait eu a été singulièrement exagéré. A part une sentimentalité pleurnicheuse qui s'épanche dans ses élégies, il est impossible de lui découvrir une originalité quelconque. Comme tous les autres, c'est un versificateur et un traducteur. Ce fut un nourrisson académique composant religieusement pour tous les concours, avec Victorin Fabre, un autre poète lauréat, et remportant toujours au moins un accessit ^ Il fait des vers sur tous les sujets : dans le genre troubadour, il écrit Emma et Eginhardj Charlemagne à Pavie et un certain nombre de romances; il ne néglige pas non plus le genre ossianesque et il rime la ballade d'Egill € royal espoir de la Scandinavie * ». Mais il semble s'être fait une spécialité du genre antiquisant. On a de lui un livre entier où il pille effrontément André Ghénier, dont il avait en main les maniiscrits : le Combat d'Homère et d'Hésiode, La jeune épouse, où l'on trouve des refrains comme ceux-ci, pastiches de La jeune Tarcntine :

Vierges, filles des mers, jeunes océanides, Écartez le soleil de vos grottes humides.

Puis c'est Stésichore, Homère mendiant (imité de V Aveugle d'André Ghénier),les Adieux d'Hélène, le Départ d'Eschyle, la Néréide, les Derniers moments de Virgile.

1. Voir la notice de Pongervilie, en tête des Poésies de Millevoye, édit. Charpentier.

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