Ibid., p
7. Il y aurait une étude spéciale à faire sur ces débuts litl
Hugo qui prit part au même concours et dont la pièce fut couronnée écrivait, lui aussi, dans ce style. A vrai dire, sa pièce ne vaut ni plus ni moins que celle de Lamartine : ce sont les mêmes comparaisons usées, les mémos apostrophes et les mêmes figures véhémentes qui traînaient dans TOde depuis Malherbe. Comme Lamartine encore, il s'essaie dans les petits genres; il compose des Satires, le Télégraphe^ VEnràleur politique, il concourt pour les prix de TAcadémie française et, dans sa pièce sur le Bonheur de l'Étude^ il retrouve parfois les accents de Delille, comme d'ailleurs dans une autre, sur les Avantages de l'enseignement mutuel. Naturellement il a des tragédies en portefeuille, — Artanene, Athélie, ou les Scandinaves «. Il versifie Chateaubriand à l'exemple de Millevoye : La Canadienne suspendant au palmier le tombeau de son nouveau-né, — Et nous ne parlons pas de tout ce qu'il y avait encore de classique, pour ne pas dire de suranné, dans ses Odes, aussi bien que dans les Méditations de Lamartine. Il est à noter que, dans ses épigraphes, c'est le goût classique qui domine : pour deux de Shakespeare, on en trouve un grand nombre d'Homère, de Stace, d'Ovide, de Juvénal, d'Horace, de Tacite, de Virgile surtout. Même, dans les Ballades, à part certaines prouesses de versification, — comme le Pas d'armes du roi Jean, — on retrouve ce pseudo-moyen âge que le xviii*» siècle et la littérature de l'Empire avaient mis à la mode. — Que serait-ce, si des maîtres du roman-
raires de Lamartine. On y verrait par exemple ce que certaines papes des Méditations ont dû à Young. Un des échantillons les plus significatirs est une Êpitre sur les sépultures (Corresp.y I, p. 211) lue à l'Académie de Mâcon en 1813 et qui n'a jamais été reproduite. Amar, dans le Joutmal des Débats, signala cette influence anglaise quand les Méditations parurent. 1. Cf. Victor Hugo l'aconté par un témoin de sa vie. Pour toutes ces œuvres de jeunesse, voir Biré, op. cit., pcutsim.
tisme nous passions aux amis ou aux disciples prudents? Les Soumet, les Guiraud, les Pichald continuent à faire des tragédies, dont les audaces romantiques ne sont guère plus hardies que celles des poètes de l'Empire. Le Léonidas de Pichald joué par Talma fut un éclatant triomphe et le propre frère du futur auteur d'Hernani — Eugène Hugo — avait ébauché le plan d'un Spartacus, < tragédie très romantique alors, dit Gaspard de Pons, qui serait trouvée trop classique aujourd'hui * ».
Ainsi donc, si l'on excepte les convictions royalistes et religieuses et aussi certaines innovations de style encore très timides et dont nous reparlerons, les romantiques, vers cette date de 1825, se distinguent malaisément des classiques *. Les sujets moyen âge ou fantastiques qu'ils traitaient étaient exploités depuis longtemps. Il est vrai qu'ils affichaient une prédilection de plus en plus exclusive pour ces sujets, et c'était en cela, semble-t-il, que consistait tout leur romantisme. Mais en même temps ils subissaient l'influence d'André Ghénier, et chose bizarre, — ce