Cité par Demogeot, Histoire de la littérature française
et innové dans la strophe j il a été et il est harmoniste et architecte en poésie * ». — Dans ses Œuvres choisies de Ronsard, qui sont de la même époque et qui firent suite au volume où il avait réuni ses articles, il rapprochait le nom de Chénier de celui de Lamartine et de V. Hugo et semblait confondre leurs procédés. Enfin, Tannée suivante (1829), non seulement il imitait sa versification dans les poésies de Joseph Delorme, mais dans les Pensées il donnait expressément les romantiques comme les successeurs d'André Chénier '.
Pourtant il est à remarquer que les chefs de la nouvelle école étaient loin de partager cette admiration : Lamartine — Sainte-Beuve le reconnaît lui-même — n'aimait pas André Chénier '. A propos d'une de ses pièces, qui semblerait pourtant en être imitée, la Fille du pêcheur, il a soin de nous avertir en note qu'il ne doit rien à l'auteur de V Aveugle : < On y retrouvera, dil-il, à travers les réminiscences grecques de Théocri te et d'Anacréon, quelque pressentiment d* André Chénier ». Et il affirme que la pièce a été composée en Italie, lors de son premier séjour à Ischia *. Hugo — nous l'avons vu — jugeait assez sévèrement Chénier dans un de ses articles de début et d'ailleurs il n'admet aucune innovation prosodique avant sa liaison avec Sainte-Beuve ^ (fin de 1827). Vigny, tout en consacrant dans Stello la légende d'André, attribue à ses Poèmes antiques une date antérieure à l'édition de Latouche, — La Dryade, 1815, — Symétha, 1817, — le Bain dune dame romaine, 1817. — ^ Seul la Somnambule est