‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 255 sur 281 · Cf. Biré, op, cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Biré, op, cit., p

daté de 1819. Il déclare dans sa préface de 1837 : < Ces poèmes portent chacun leur date. Cette date peut être à la fois un titre pour tous et une excuse pour plusieurs; car, dans cette route d'innovations, Fauteur se mit en marche bien jeune, mais le premier ».

Qu'y a-t-il de vrai dans tout cela? Le seul Sainte- Beuve aurait-il inventé cette descendance d'André Chénier et l'aurait-il maintenue plus tard *, afin d'être désagréable aux chefs du romantisme avec qui il s'était brouillé? Ceux-ci, par amour-propre, auraient^ls tenu à garder le silence sur les services qu'ils en avaient reçus?

Pour ce qui est de Lamartine, il est incontestable que l'influence de Chénîer est très difficile à reconnaître dans ses premiers vers. D'abord, dans sa correspondance de 1819, il n'en parle pas, tout plongé qu'il est dans son Clovis et dans son Saûl, — deux poèmes aussi éloignés que possible du style et de l'inspiration antiquisante de Chénier. Et, dans le premier recueil des Méditations, il n'y a pas une pièce qui puisse autoriser seulement à soupçonner qu'il l'ait lu. Les Nouvelles Méditations apportent, il est vrai, une élégie antique, intitulée Sapho, mais le commentaire de Lamartine la fait remonter jusqu'à 1816 2. D'autre part, on n'y trouve aucun des procédés chers à l'auteur de VInvention et préconisés par Sainte-Beuve; tout au plus le refrain :

Chantez, chantez un hymne, ô vierges de Lesbos... Pleurez, pleurez ma honte, 6 vierges de Lesbos...

1. Encore en 1844, dans VÉ pitre à M. Villemain, il rattachait à André Chénier, Lamartine, Hugo et Vigny. — Théophile Gautier, suivant la première tradition romantique, rattache, lui aussi, l'école moderne à André Chénier (cf. Rapport sur les progrès de la poésie depuis 1830).

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