Voir VÉpilre stir la Paresse
inséré par la suite dans son Tableau. Mais ce sont surtout les procédés d'enrichissement de la langue pratiqués par Ronsard, que nous retrouvons chez les romantiques. Nul doute que Hugo n'ait lu et médité ce retentissant passage, qui était reproduit tout au long dans les Œuvres cJwisies : t Tu practiqueras bien souvent les artisans de tous métiers, comme de marine, vénerie, fauconnerie et principalement les artisans du feu, orfèvres, fondeurs, mareschaux, minérailliers ; et de là tireras maintes belles et vives comparaisons avecque les noms propres des métiers, pour enrichir ton œuvre et le rendre plus agréable et parfaict, car tout ainsi qu'on ne peut véritablement dire un corps humain, beau, plaisant etaccomply, s'il n'est composé de sang, veines, artères et tendons et surtout d'une plaisante couleur; ainsi la poésie ne peut être plaisante sans belles inventions, descriptions, comparaisons, qui sont les nerfs et la vie du livre qui veult forcer les siècles * >. Dès les Ballades, Hugo applique la théorie; il met à contribution les vocabulaires spéciaux :
D'abord les piquiers aux î^as lourds.
Puis sous l'étendard qu'on déploie, Les barons en robe de soie, Avec leurs mortiers de velours *.
A mesure que le sens de la vie et de la beauté des mots grandira en lui, ce sera un véritable débordement de termes techniques. Dans la Légende du beau Pécopin, blason, vénerie, navigation, tous les dictionnaires y passent; et ce sera encore pis dans les Travailleurs de la mer. Les disciples eux-mêmes, comme Théophile Gautier, qui lisait avec assiduité des dictionnaires de métier, resteront bien en deçà du maître.