‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 272 sur 281 · Odes : La Fiancée du Timbalie · texte numérisé non relu

Odes : La Fiancée du Timbalie

Ronsard recommandait encore l'emploi de tous les dialectes de la langue : c Outre, je Tadverty de ne faire conscience de remettre en usage les antiques vocables et principalement ceux du dialecte wallon et picard, lequel nous reste par tant de siècles Fexemplaire naïf de la langue française, j'entens de celle qui eut cours après que le latin n*eut plus d'usage en notre Gaule, et choisir les mots les plus prégnants et significatifs non seulement dudit langage, mais de toutes les provinces de France, pour servir à la poésie, lorsque tu en auras besoin ^ ». Les dialectes chez nous n'existant plus qu'à l'état de patois, Hugo n*a pu suivre Ronsard sur ce terrain. Pourtant, dans le Dernier jour d'un condamné et, ensuite, dans les MisérableSy il n'a pas reculé devant l'argot. 11 allègue l'exemple d'Eugène Suô et de Balzac, plus loin celui de Plante qui a fait parler le phénicien à deux soldats carthaginois, Molière où Ton trouve toutes sortes de patois et même du levantin *. . Dans les procédés de versification, .l'analogie et l'imitation ne sont pas moins frappantes. Gomme on l'a déjà remarqué, ce n'est qu'à partir de sa liaison avec Sainte-Beuve, c'est-à-dire après la publication du Tableau, que Hugo devient franchement novateur en prosodie. Cependant on a trop exagéré, je crois, l'importance de certains tours de force imités de Ronsard, de Rémi Belleau ou de Joachim Du Bellay ^, comme la Chasse du Burgrave, le Pas darmes du roi Jean, la Rime de Sainte-Beuve, la Ballade à la lune d'Alfred de Musset. Ce qu'il y a d'essentiel, comme Hugo lui-même le disait, c'a été la création de toute une variété de strophes inconnues des classiques ou tombées en

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