‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 280 sur 281 · Préface des Orientales · texte numérisé non relu

Préface des Orientales

mental de l'esthétique romantique. Dès lors on comprend la définition de la préface d'Hernani : le romantisme, c'est la liberté dans Fart. En effet, si c'est la Vie tout entière qui s'offre à l'artiste, s'il n'y a plus de sujets défendus, il n'y a plus davantage de règles ni de formes consacrées, puisqu'elles sont toutes, qu'elles le veuillent ou non, une limitation de la réalité. Il n'y a ' plus que l'artiste en face des choses, qui s'efforce, en toute conscience et selon son tempérament, d'harmoniser ses moyens finis avec leur infinité. C'était l'antipode du classicisme français du xvn^ siècle, et en même temps un retour à l'esthétique puissante et enthousiaste des grands créateurs de la Renaissance. Se replonger aux sources de la Vie, en faire sentir le grouillement multiforme, à côté de son épanouissement en des types uniques de beauté, tel apparaissait ridéal. On se retrouvait en communion d'âme avec ces artistes laïques du xiii® siècle qui faisaient serpenter autour des chapiteaux des colonnes, comme à la cathédrale de Reims, la flore et la faune de la terre natale, en y mêlant des bètes fantastiques * ; avec ce Dante, qui, dans sa Dwine Comédie, semblait avoir épuisé tous les types du réel depuis la bestialité humaine jusqu'à la nature angélique et ne s'arrêtait que devant l'incompréhensible mystère; avec ce Raphaël lui-même, qui, dans ses fresques, donnait pour cadre à de nobles figures, des rinceaux étranges et touffus, où des légumes vulgaires se mariaient à des fleurs et à des ft-uits K

C'était encore le triomphe et la glorification de ce qu'il y a de plus primitif en nous, de plus voisin de la nature. De là ce culte des romantiques pour l'Enfant,

4. Cf. Viollel-Leduc, Dictionnaire d'architecture (art. Sculpture).

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