‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 36 sur 281 · A. MaUry, op* cit., p · texte numérisé non relu

A. MaUry, op* cit., p

52 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l'aNTIQUE.

synthèse la plus curieuse que le xviiio siècle ait tentée sur cette question. Il faut tenir compte aussi des sujets mis au concours par l'Académie sur divers points de la mythologie grecque et latine *.

Enfin, pour ne point parler des travaux sur la physique, la philosophie, l'astronomie ou la cosmographie des anciens, — d'An ville entreprit d'importants travaux sur la géographie antique, qui touche de si près à l'histoire : la Notice de rancienne Gaule (1761) et son Graeciae antiquae spécimen geographicum (1782) sont des œuvres maîtresses qu'aucun géographe n'a dépassées au XVIII® siècle.

Plus encore que les sciences historiques, l'archéologie se développe par un progrès continu. D'abord la numismatique, qui avait toujours été en honneur chez nous : sans remonter jusqu'au père de l'archéologie française, celui que Mon tfaucon appelait < l'incomparable M. de Peiresc ' >, on trouverait déjà de nombreux amateurs au xvn° siècle : « Dans ce temps-là, dit Huet, non seulement les érudits mais les grands seigneurs étaient dévorés de la passion des médailles dont ils faisaient des collections; et l'illustre M. Golbert, dans le but d'enrichir le cabinet du roi et .aussi de garnir son propre médaillier, envoyait de toutes parts des gens à la recherche de ces précieuses

1. En 1767, 68 et 69; en i771, Des attributs de Junon chez les diffei^ents peuples de la Grèce et de V Italie \ en 1772, Des noms et des attributs de Jupiter, de ceux d'Apollon et de Diane en Grèce et en Italie, etc.

2. Voici le passage de Montfaucon sur Peiresc : «... l'incomparable M. de Peiresc, qui a plus ramassé de monuments sur presque toute l'antiquité, soit en dessins, soit en nature, que nul autre que nous connaissions, qui ajoutait ordinairement h ces monuments des explications courtes, que nous voyons encore aujourd'hui dans ses manuscrits, et qui fournissait des matériaux à la plupart des savants de l'Europe...». (Préface de VAnliguilé expliquée.)

reliques, qu'ils achetaient quelquefois un prix fou K » A côté des collections royales, il y avait d'importants cabinets d'amateurs, comme ceux du cardinal de Polignac, ambassadeur à Rome, du ministre Pontchartrain, du duc de Sully. On peut dire que c'est l'Académie surtout qui a contribué à mettre ces richesses en valeur; fidèle, en cela, à l'esprit de son règlement elle s'est constamment occupée de numismatique. Mais le plus illustre et le plus savant de nos numismates au xvin^ siècle, ce fut l'abbé Barthélémy, nommé directeur du cabinet des médailles en 1753 ', après la mort de de Bozes. Jamais directeur ne fut plus entièrement dévoué à ses fonctions : pendant son voyage en Italie, où tant d'objets sollicitaient sa curiosité de savant et de lettré, sa grande préoccupation est d'augmenter la collection royale ^, Il décline même l'offre si séduisante pour lui d'accompagner Choiseul en Grèce, afin de ne pas laisser si longtemps fermé le cabinet des médailles *, Mais il ne s'en tient pas là. Il se préoccupe de rendre le cabinet plus accessible, donne tous les éclaircissements qu'on lui demande soit de la province, soit de l'étranger; — et lui-même nous avertit que ces réponses exigeaient parfois de longues discussions. Enfin vers le même temps où

1. Mémoires de Huel, trad. Charles Nisard (cit. par P. Clément, Colbert, II, p. 206).

2. Il avait été attaché au Cabinet par de Bozes en 1745. (Ct, Mémoires sttr la vie et quelques-uns des ouvrages de J.-J. Barthélémy écrits par lui-même).

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