Barthélémy, op. cit
2. Quels qu'aient été le zèle et la science de Pabbé Barthélémy, il serait injuste de ne point nommer à côté de lui tous ces amateurs dont les collections avaient enrichi le cabinet, les Cary, les de Clèves, les d'Ennery, mais entre tous, ce Pellerin, dont Barthélémy acheta la collection et qui, dans son grand ouvrage en 9 volumes in-4 sur les médailles, eut le mérite de préparer les voies au Doctrina nummoj^um veterum de Eckhel, le fondateur de la numismatique moderne. (Cf. Bursian, op. cit., p. 497.)
3. 11 n'y a guère à citer que l'explication de la mosaïque de Palestine par l'abbé Barthélémy. (Cf. Mém, de VAcad. des Insa\, XXX, p. 503.)
ment attaché à la description des monuments du Midi. Mais pour être complet sur celte question, il faudrait énumérer toutes nos provinces et indiquer tous les académiciens ou tous les parlementaires qui se sont occupés — quelques-uns avec une véritable passion — des antiquités de leur pays.
C'est surtout en ce qui concerne l'art et les monu-^^ ments de l'Italie ancienne, que le progrès a été considérable. Une des raisons de la médiocrité de la critique des textes à l'Académie des Inscriptions, pendant toute la première période de son existence, c'a été l'ignorance des monuments figurés * : Barthélémy, pendant son voyage en Italie, est un des premiers qui s'en soient rendu compte. Mais depuis quelque temps déjà Caylus était à l'œuvre et c'est grâce à son influence et à l'entraînement de son exemple, qu'une orientation nouvelle fut donnée aux travaux de l'Académie sur l'antiquité 2.
Un grand fait domine toute cette période, — ciest non pas précisément la découverte d'Herculanum et de Pompéi — mais la reprise et la conduite régulière, sinon méthodique, des fouilles commencées sur leur emplacement ^.
Dès 1748 paraît un Mémoire historique et critique sur la ville souterraine découverte au pied du mont Vésuve *,
i.Cf.Dacier, Tableau hùlorique de V érudition française, p. 41.
2. Cf. S. Rocheblave, Essai sur le comte de Caylus, p. 260 et suiv.
3. Déjà au xvi* et au xvu* siècle, une foule d'indices avaient révélé l'existence de ruines importantes sur remplacement de ces villes. Mais les fouilles ne commencèrent véritablement qu'en 1738 pour Herculanum et en 1748 pour Pompéi. Voir sur cette question : Overbeck, Pompeji in seinem Gehaiiden, Alterthûmern und Kunstwerken dargestelll; — Furchheim, Bibliografia di Pompéi, Ercolano e Stabia, Napoli, 1891.
4. C'est un des premiers écrits sur la découverte de Pompéi, dû au marquis de l'Hôpital, alors envoyé extraordinaire de France, et rédigé par Darthenay. Cf. Furchheim, op, cit. —
L'intérêt des fouilles n'échappa point même au grand public : € Les curieux, disait Raynal dans ses Nouvelles littéraires, se promettent de grands avantages de cette découverte. On a déjà trouvé un théâtre, un temple, des maisons et des rues, des peintures, des mosaïques, des statues, des médailles, des instruments destinés aux sacrifices, des lampes et des ustensiles. » A partir de cette époque, les publications se succèdent sans interruption *. Le président de Brosses écrit des Lettres sur l'état actuel de la ville souteiraine d'Herculée et sur les causes de son ensevelissement (1750). Caylus publie une Lettre sur les peintures d' Herculanum (1751) ; Cochin et Bellicard des Observations sur les antiquités d'Herculanum , . . . avec quelques réflexions sur la peinture et la sculpture des anciens (1757) ; Tabbé Richard une Description historique et critique de Pompéi (1770), — sans parler de tout ce que les voyageurs d'alors ont écrit sur la question.
Avec sa passion tenace de collectionneur, Caylus se tient au courant de toutes les trouvailles. Il achète et brocante en Italie par l'intermédiaire de l'abbé Barthélémy et du théatin Paciaudi, qui met à son service ^ un véritable dévouement. Mais il ne suffît pas de parler de son. zèle et de son activité : il apporte une méthode vraiment originale *. A l'étude forcément incomplète des textes, il substitue l'étude directe des monuments. Surtout il se préoccupe de la technique, qu'il fait passer même avant l'appréciation de la valeur esthétique des œuvres. Rien de plus précis et de plus positif que sa façon de procéder. Au lieu des vagues dissertations d'autrefois ^ il fait porter la discussion
M. Maurice Tourneux l'attribue à l'abbé Moussinot; cf. Corresp. lin., I, 146 (note).