Dictionnaire philosophigue, art. Art dramatique
4. Corresp. litt., V, 396 : « L'auteur de la Poétique française ne connaît pas assez les anciens ni les modernes pour son entreprise. On voit qu'il ne connaît des anciens que ce que son Jésuite lui a appris au collège, et ce n'est pas assez. »
mière fois, soit en France, soit même en Europe, qu'on offre au public une histoire raisonnéc de tous les arts de l'esprit et de l'imagination, depuis Homère jusqu'à nos jours * ». Il ne faudrait pas pourtant le croire sur parole ni se faire illusion sur cette nouveauté. Ce qui eût été vraiment neuf, c'eût été d'introduire l'esprit historique dans l'étude des littératures, — et La Harpe est le contraire d'un historien. Sa méthode est toute dogmatique. C'est celle de la critique classique depuis ses origines, celle qu'on retrouve dans les Remarques sur Longin de Boilcau comme dans le Dictionnaire 'philosophique de Voltaire. Ce que La Harpe cherche dans les œuvres littéraires, c'est toujours une leçon de goût, en somme la confirmation des principes généraux qui gouvernent l'esthétique clas8ique. Le titre de son livre est assez significatif, c'est un cours de littérature à l'usage des gens du monde, une sorte de rhétorique supérieure : « Ce n'est ici ni un livre élémentaire pour les jeunes étudiants ni un livre d'érudition pour les savants.... (^l'est le complément des études pour ceux qui ne peuvent pousser plus loin celles (|u'ils ont faites '.... -» Mais alors que reste- t-il d'historique dans un livre, si l'on n'y tient compte ni de la relativité, ni de l'enchaînement des faits et si avec cela on ne se pique point d'être un érudil exact et consciencieux? La Harpe juxtapose des dissertations littéraires, sans nul souci de la chronologie ni de l'influence des milieux, ni même de la continuité et de l'action réciproque des genres qu'il étudie. Une œuvre d'imagination est toujours, pour lui, comme pour les