Préface, t. I, p. m
2. hoc. cit. y p. m. — L'introductit)n est non moins signilîcative. En voici le titre : « Notions générales sur l'art d'écrire, sur la réalité et la necesnifé de. cet art, sur la nature des préceptes, sur l'alliance. de la philosoi)hie et des arts d'imagination, sur Tacception des mots de goût et de génie •>.
84 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A L'anTIQUE.
classiques, une sorte d'absolu, en dehors de l'espace et du temps. Que reste-t-il donc, sinon que le Cours de littérature soit une sorte de commentaire de VArt poétique de Boileau, à propos des principales œuvres de littérature ?
L'esthétique classique reposait sur l'imitation raisonnée des anciens et elle s'était constituée sous Tinflence d'Aristote. La Harpe ouvre son cours par un chapitre sur Aristote et par un chapitre sur Longin — qui sont de véritables panégyriques, — comme s'il avait voulu placer son livre sous l'invocation des deux plus grandes autorités critiques des anciens. Il dit d'Aristote : t Aujourd'hui même que les progrés de la raison ont comme anéanti une partie de ses ouvrages, ce qui reste suffît encore pour en faire un homme prodigieux. Ce fut certainement une des tètes les plus fortes et les plus pensantes que la nature ait organisées *. » Il rattache en quelque sorte son Cours de littérature à la Poétique d'Aristote; t ce sera peut-être un fait assez remarquable dans l'histoire de l'esprit humain, que, plus de deux mille ans après qu'Aristote eut ouvert le Lycée d'Athènes, son éloge et ses ouvrages aient été lus à l'ouverture du Lycée français * ».
Il passe ensuite à l'analyse de la Poétique, en fai* sant de constants rapprochements avec le théâtre et la littérature française. Sauf sur quelques points, très particuliers, où La Harpe est forcé de se séparer d'Aristote à cause de la différence des mœurs et des institutions, il ne fait que confirmer les leçons du philosophe grec. La conclusion comme chez les classiques du XVII® siècle, c'est qu'en somme le vrai goût moderne doit se trouver conforme à celui d'Athènes. Aristote a