‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 77 sur 281 · Con\ litt., XIII, p · texte numérisé non relu

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toire, en tout cas qu'elles sont les plus travaillées et . les mieux écrites, — chose rare au xviii° siècle. Il y a là sans doute autre chose qu'un simple accident. Plus que toutes ces tragédies historiques, patriotiques, exotiques, philosophiques, qui pullulent alors et qui n'ont de neuf que le titre ou le nom des personnages, elles révèlent une évolution considérable du goût et de l'esprit public : elles attestent à leur tour, de même que toutes les autres manifestations de l'art, que le retour à l'antique, comme à l'expression la plus fidèle et la plus naïve de la nature, est bien l'aspiration générale des esprits et comme le vœu suprême du classicisme finissant.

Mais il ne faut pas l'oublier : le théâtre, tel qu'il s'était constitué depuis plus d'un siècle, avili par l'abus de la production et le charlatanisme, était assurément le lieu le moins propre à la réalisation d'un idéal nouveau. Il en est de même d'ailleurs encore de nos jours : le romantisme et le naturalisme ont bien pu passer, ils n'ont pas touché à la constitution du théâtre et n*ont abouti qu'à changer le costume et le mobilier dramatiques. Si pourtant ces tentatives n'ont produit aucune œuvre durable, si même elles n'ont pas ajouté grand'chose à l'intelligence de l'antique, il est encore intéressant de voir ce que la littérature y a gagné, fût-ce au prix de leur insuccès.

C'est à partir de la seconde moitié du siècle que les sujets antiques semblent avoir un regain de faveur et que les plus intéressantes et les plus franches imitations des tragiques grecques se répètent à des intervalles très rapprochés. Peut-être la rentrée de Crébillon

LE TBÉATRE ET l'IMITATION DE L'ANTIQUE. 119

au théâtre en 1742, qui fut comme la résurrection d'un genre, a-t-elle eu sa part d'influence dans ce mouvement. En tout cas, il est curieux de voir Voltaire quitter à ce moment même les sujets exotiques ou nationaux — les Zaïre , les Adélaïde Duguescliny les Alzire et les Mahomet —, pour rimer une Mérope (ITiSJ, une SémiramiSf un Oreste et un CatUina. Mais le cas de Crébillon eut son pendant et entraîna une seconde résurrection, celle de Châteaubrun, maître d'hôtel du duc d'Orléans — un débutant de plus de soixante-dix ans, — car on avait oublié sa première tragédie, qui avait paru en 1714 ^ La réussite* des Troyennes, imitation d'Euripide, qu'il risqua en 1754, l'engagea à faire représenter l'année suivante un Philoctète (1755) et en 1756 un Astyanax ^. Vlphigénie en Tauride^ de Guimond de la Touche, suivit de très près (1759). Puis ce fut VHypermnestre de Lemierre, qui eut un très beau succès ^ (1758), ce qui l'enhardit à donner un Téi'ée (1761) et un Idoménde (1764). Dans l'intervalle, Poinsinet de Sivry apportait une Briséis (1759) et un Ajax (1762). Quelques années plus tard, Gluck révolutionnait Paris avec ses opéras, et son Iphigénie en Aidide était prônée par ses

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