‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 80 sur 281 · Ihid,, III, p · texte numérisé non relu

Ihid,, III, p

dant Tété de 1757, la pièce fut reprise et non moins applaudie pendant l'hiver. Qu'y trouvait-on d'antique et par conséquent de vraiment neuf, c'est ce qu'il est difficile de dire. Il est probable que ce furent surtout certaines scènes pathétiques qui en firent la fortune. On ne se montrait pas d'ailleurs très difficile en pareille matière au xv!!!*^ siècle : quand il n'y avait pas d'amour dans une tragédie, on criait tout de suite à la tragédie grecque. Encore faut-il ajouter que Guimond de la Touche avait cru devoir, à l'imitation de Racine, introduire dans Faction un épisode amoureux. Ce seraient les conseils de Collé * — chose inattendue — qui l'auraient décidé à le supprimer. Il est certain pourtant que la simplicité relative de l'intrigue ^ pouvait prêter à l'illusion. Très manifestement encore l'auteur avait visé au grand style : les dialogues coupés en hémistiches qui se répondent, les sentences morales prodiguées, tout cela sans doute prétendait donner l'impression de la forme sévère et concise des anciens ^. Toujours est-il que le travail de l'expression avait quelque chose de pénible et même de dur. Voltaire, un peu jaloux du succès de son jeune confrère, raillait cette dureté et déclarait que ce n'était pas Iphigénie en Tauride, mais Iphigdnie en Crimée.

Il en va tout autrement de Ducis, dont VOEdipe chez Admète est assurément un des échantillons des plus réussis du style Louis XVI en littérature. La pièce bénéficia sans doute de l'agitation nouvelle en faveur

Page 1