‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 113 sur 250 · Préface de l'Enéide · texte numérisé non relu

Préface de l'Enéide

i. Cité par Sainle-Iiouve, Parti', tilt., Il, p. 83.

102 FIN DU CLASSICISME ET RETOUU A l'aNTIQUE.

(fuelque chose dos irràres naïves de La Fonlaine, mais surloiit rahondance facile et souvent trop l'acile de \'()llair<'. On conçoit sans peine qn'il est iinpossil)le qu'un style qui se conqjose de la cond>iiiaison «dudiée de tant d'autres styles ait un cachet pai-ticulier. une certaine originalité de caractère '. » Kn effet s'il a des « hardiesses » elles sont honnêtes et pi'udenfes. Comme chez Racine, la noblesse de lépilhèle sauve la vulgarité du substantif. Sa versification est l'image de son style. Il émoussc les angles, il énerve; c'est un ruisseau <l'eau claire. Le vers est coupé régulièrement à riiémistiche, ou bien il admet des rejets d'un hémistiche tout entier, et cela sans aucune nécessité, ce qui donne au vers f|uelque chose de boiteux. Dans les Jardins en particulier il abuse de celte coupe, ([ui. à la longue, devient j encore plus monotone que la coupe classique. Il a bien des innovations, dont quelques-unes même assez heureuses :

Vous marchez, l'hurizon vous obéit : j la terre S'élève ou redescend, s'étend ou se resserre '.

Mais tout cela est noyé dans la banalité du reste. Qu'on ajoute la banalité extrême et la fadeui-des motifs et l'on comprendra qu'une lecture un peu prolongée de Delille devienne facilement intolérable. C'est la i-itournelle de l'orgue de Barbarie.

Lu réalité, il faut saluer en l»(]ilh> le plus grand fabricant de vers latins (pi ail eu le x\ lu' siècle. Comme ces Rapin et ces Vanière dont il avait le goût et môme l'admiration, il cherche des expressions dans les maîtres, des coupes et des rejets. Il connaît tous les secrets et toutes les ruses du métier; mais il n'a jamais

1. Nùlicc sur Delille par Ani.ir en tiHe de Idlit. .Vliriiaud.

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