‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 115 sur 250 · LES « POETE MINORES · texte numérisé non relu

LES « POETE MINORES

Cet enthoiisiasiiK^ pour \'irp^ilc ost peut-rlrc ce qu'il y a de mieux' dans rdMivre de Delille, et ce qui la sauve de la lianalité absolue; niais pourcjuoi cette entreprise de rajeunir la littérature et l'art par riinitation de l'antique était-elle si vaine et pourquoi ce Virgile inèuie, que Delille admirait tant, n'en avait-il en somme qu'un sentiment si incomplet?

Ouelquun (pii Ta beaucoup mieux compris et qui surtout était |)]us poète que lui, — c'est Uoucher. On peut même dire que c'est ce qu'il avait de neuf et d'indépendant, rpii lui a le plus nui, lorscjue son irrand poème des Mois, si acclamé en lecture publicjue, fut enfin livré à l'impression. Il n'était pas banal, son livre ne ressend)lait pas à tout, comme les vers de Delille.

Cependant, comme tous les autres poèmes didactiques d'alors, il a un grand défaut, qui est le manque d'unité. A propos des douze mois de l'année, il met à contribution toutes les sciences de son temps. Luimême le dit : « Mon sujet embrasse l'univers •. » Ce qu'il y a de pis. c'est que Roucher n'a point, comme par exemple Lucrèce, un système complet à développer, mais qu'il se trouve comme Chénier dans son Jlermés. en présence d'une foule de théories fragmentaires. Un autre inconvénient, c'est cpie la langue classique se prête mal à l'expression des vérités scientifiques et qu'elle contraint le poète à s'en tenir aux généralités. De là vient, comme nous l'avons déjà remarqué, que le commentaire est plus intéressant à lire que l'œuvre elle-même. Enfin dans la conception même du sujet, il y avait un malentendu fondamental sur les limites de la science et de la poésie. Ce malentendu n'existe pas poiu- Lucrèce, parce cpie la science

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