‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 116 sur 250 · Lps Moi.f. I, |i · texte numérisé non relu

Lps Moi.f. I, |i

19C FIN l>r CLASSICISMR ET HF-TOIR A l"aMI01R.

de son leiii|>s est à demi portifino. Mais |>(nir le porte inodenio, il y a un al»inK> iiilrancliissablc eidrc les deux momies de la poésit» et de la science ' : et c'est ce q«ie le xviir siècle ne voulait pas voir.

Laissons donc la'uvre elle-même, (jiii a dû èti'e manquée forcément, et ne leno?is compte (pie des intentions.

Si quelqu'un rappelle alors l'ardeur de la Renaissance et sa passion d'antiquité, c'est assurément Uoucher après André Chénier. Nul na mieux senti la dignité de la poésie - et nul n'a souhaité comme lui d'accomplii- une œuvre vraiment grande, digne de prendre place parnu celles des maîtres On s en aperçoit dès son début. C'est dommage que le style en soit si sec et que la phraséologie du wiii" siècle y gâte les meilleures choses :

... El iiarcoiiranl les mers el la terre cl les cieiix, Mes clianls re|)ru(liiironl toiil l'uiivraf-'o des dieux ^.

Mais ce dont il faut surtout lui savoir gré. c'est d'avoir senti mieux qu'aucun de ses contenqiorains. l;i diriiculli'- el la Ijeiiulé de sou siijel. Il a longuement travaillé, étudié, pris des notes. 11 a compris comme du Bellay et Ronsard que celui « (\m désire vivre eu la mémoire île la i)Ost(''iilé dnjl, comiiie mort en soimême, suer et trendjier mainh's fois » '. pour mènera bien l'feuvre du « long poème français ». épopée ou

i. Voir sur celle anlimiiiiie la très péremploire disoussiou rie Sctiopenhauer : Le Mmulc cmmiie volonté cl rcprésienlation, Irad. Biirdeau. Aleau. IXM. p. l'.KI.

2. Il allail même jus(|u'à soutenir que loutes les prandes idées nul éh- exprimées par la poésie. CI', liioi/riip/iic fjènèralp, art. Hoiiclier.

:i. Les Mois, I. p. 2.

4. héfensp ri illiislifilioii tic la Itiinjin' /'/iiiir/iisr. M. cli.iii. ui. p. :iO (édil. l'erson).

LES (i l'OET.K MINORES ». 197

poùnic didactique. Rien ne nous renseigne mieux làdessus que son commentaire. Il a mis à contribution toutes les sources et tous les modèles. Il s'adr(!sse aussi bien aux Mémoires des académies de province ou aux Commentaire)^ de la S'jcicté de Ga-ttinguc, qu'à Buffon ou à Forster. Il ne dédaigne pas plus l'érudition des Bénédictins que les vers des Jésuites. Relations de voyages, anglaises, françaises ou allemandes, ouvrages d'ensemble ou monographies, il a tout lu, — (piil s'agisse d'histoire naturelle, d'astronomie, de mythologie, de linguistique, d'histoire proprement dite. 11 s'inquiète des littératures orientales, — des (chinois, cela va sans dire, — et même de la poésie hébraïque, qu'il admire timidement. D'autre part s'il ignore le grec, toute l'antiquité latine lui est familière, non pas seulement Virgile ou Lucrèce, Pline ou Sénèque. mais Manilius, dont il voulait imiter le poème de l'Aslvonomie ', mais Columelle, mais Végèce. mais Macrobe; et nous avons vu qu'il remonte jusqu'aux poètes latins modernes, les Rapin, les Vanière, les Santeud. On n'en finirait pas si l'on voulait énumérer tous les passages qu'il a imités ou traduits. Les pluies fécondantes du printemps, — description de l'âge d'or, — les jeux du V' livre de VÉncide, l'amour du cheval el du taureau, d'après Virgile, l'éveil de l'amour chez l'adolescent, — la peste d'Athènes, ti'après Lucrèce, — la doctrine de Pythagore sur l'éternité de la matière, d'après Ovide. Nous ne citons que les principaux épisodes. Avec cela, il a, comme Delille, le culte de Virgile. Lui aussi, il fait vœu d'aller en pèlerinage sur son tombeau. Mais à l'emphase de ces vers, je préfère, |)our la sincérité et la profondeur de l'émotion, ces simples lignes de son

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